ATELIER n°2:
Pour le droit
et la justice en Francophonie
Président:
M. Diango SISSOKO (IDEFJ)
Rapporteur:
M. Winfried JOHNSON
(GERDDESJ)
L'enjeu
La Francophonie n'a certes le monopole ni du droit ni de la justice
mais elle a le devoir de les illustrer et de les promouvoir, au
nom des principes qui la fondent comme au nom des valeurs universelles
que la langue française a portées dans le monde.
Libertés fondamentales et valeurs démocratiques
sont inhérentes à la Francophonie en ce qu'elles
conditionnent les droits de l'Homme et des peuples en matière
de langue et de culture, d'éducation et de développement.
L'État de droit et la démocratie sont en rapports
étroits, mais dialectiques, avec l'unité nationale
et le développement, qui demeurent fragiles dans nombre
de pays francophones.
Comment le droit et la justice peuvent-il servir le développement
et la démocratie en Francophonie, dans le respect des spécificités
et du choix de chaque pays ? Comment la communauté francophone
elle-même peut-elle contribuer à l'élaboration
d'un droit international plus juste et plus équitable ?
Car la question de l'État de droit et de justice appelle
des réponses multiples depuis que la désagrégation
des blocs idéologiques a sonné le glas des modèles,
avec la victoire de l'idée démocratique.
Les principales références*
- Les Sommets francophones, en particulier depuis celui de Dakar
(1989)
- La IIe Conférence
des ministres francophones de la Justice - Paris (1989)
- Le colloque de Cotonou sur l'État de droit au quotidien
- bilan et perspectives dans l'espace francophone (1991)
- Le colloque de Maurice sur l"effectivité des droits
fondamentaux au quotidien - Aupelf-Uref (1993)
- La Conférence mondiale sur les droits de l'homme -
Vienne (1993)
* Il s'agit des principales sources sur lesquelles se fonde la
politique de coopération multilatérale francophone
dans le domaine considéré. Les docaments correspondants
constituent donc des rélérences auxquelles il convient
de se reporter.
Les axes de la programmation de Maurice
Amélioration des conditions d'exercice de la justice
- Appui aux plans nationaux d'administration et de modernisation
de la justice
- Prograrnme de circulation de la docomentation juridique et
judiciaire
- Formation des magistrats et des personnels auxiliaires de
justice
Adaptation de l'environnement juridique
- Modernisation de la collecte et de la diffusion de la documentation
juridique et judiciaire et mise en place de banques de données
- Soutien à la codification et à l'harmonisation
du droit
- Appui aux structures de vulgarisation du droit, notamment
en faveur des femmes et des enfants
Promotion des droits de l'homme et de la démocratisation
- Éducation et formation aux droits de l'horume et à
la citoyenneté
- Actions en matière de documentation relative aux droits
de l'homme et à la démocratie
- Partenariat avec les institutions spécialisées
et les ONG
- Appui au processus électoral
Développement de la coopération interparlementaire
- Programme d'appui à l'organisation des services documentaires
des parlements du Sud (Pardoc) AIPLF - Soutien à l'organisation
du travail parlementaire - AIPLF.
Les acteurs mandatés par les Sommet
Partenaire permanent
- Institut international de droit d'expression et d'inspiration
françaises (Idef)
Les OING spécialisées déjà partenaires
- Association francophone d'arbitrage international (Francarbi)
- Association des magistrats francophones (AMF)
- Comrnission internationale des juristes (CIJ)
- Conférence internationale des barreaux de tradition
commune (CIB)
- Fédération internationale des droits de l'homme
(FIDH)
- Groupe d'études et de recherches sur la démocratie
et le développement économique et social en Afrique
(Gérddés)
R A P P O R T
Réunis en atelier le lundi 24 octobre 1994, les participants
ont planché sur le thème: "Pour le Droit
et la Justice en Francophonie: État de Droit, Droit de
l'Homme, Démocratie ".
Après l'élection du bureau composé de M.
Diango Cissoko, Représentant de l'IDEF, Président,
et de Winfried Johnson, Représentant du GERDDES-Afrique,
Rapporteur, assistés des Responsables de la DGCJJ, que
nous remercions pour leur expertise qui nous a permis d'enrichir
nos travaux, la parole fut donnée à Mme Christine
DESOUCHES, Déléguée générale
à la Coopération juridique et judiciaire, pour introduire
le sujet en décrivant le programme "droit au service
du développement et de la Démocratie".
Mme DESOUCHES a présenté les actions déjà
engagées dans le cadre du programme de la DGCJJ en vue:
- d'améliorer les conditions de la justice;
- de promouvoir les Droits de l'Homme et d'appuyer le processus
de démocratisation;
- d'adapter l'environnement juridique;
- de soutenir la coopération entre les parlementaires.
Elle a également insisté sur la volonté
de l'ACCT de concrétiser le partenariat avec les OING.
Après avoir parlé de la Démocratie participative,
Mme DESOUCHES a souligné l'importance du rôle de
la prévention des conflits.
Suite à la brillante intervention de Mme DESOUCHES, les
participants sont intervenus en ayant pour souci de se reférer
aux deux axes suivants du document de notre atelier:
- Comment le droit et la justice peuvent-ils servir le développement
et la Démocratie en Francophonie dans le respect des
spécificités et du choix de chaque pays et,
- Comment la communauté Francophone peut-elle contribuer
elle-même à l'élaboration d'un droit international
plus juste et plus équitable.
C'est pour apporter une réponse à ces différentes
questions que les participants ont, de façon très
méthodique abordé avec beaucoup de sérieux
les points suivants:
- le développement et la Démocratie;
- le multipartisme et la Démocratie;
- l'Etat de droit et la Démocratie
- pauvreté en justice, égale pauvreté en
Démocratie;
- le respect des Droits de l'Homme;
- une institution indépendante pour veiller au respect
des Droits de l'Homme;
- l'information et la formation;
- l'amorce d'un mécanisme international de prévention
des conflits;
- la protection des droits des minorités;
- l'indépendance de la justice;
- la recherche de partenariat entre l'Agence et les OING pour
renforcer leurs actions auprès des gouvernements.
RECOMMANDATIONS
Les participants à la lre Conférence francophone
des organisations internationales non gouvernementales, organisée
du 24 au 25 octobre 1944 à Paris, réunis dans le
cadre de l'atelier "Pour le Droit et la justice en Francophonie:
Etat de droit, Droits de l'homme, Démocratie",
sous l'égide de l'Agence, convaincus, que l'effectivité
de l'état de droit et de la justice, des Droits de l'homme
et de la Démocratie dépend non seulement de l'action
des institutions de l'Etat mais aussi de l'intervention vigilante
de la société civile, demandent à l'ACCT
de soumettre au prochain Sommet des Chefs d'Etat et de gouvernement
les recommandations suivantes:
- Que l'ACCT, apporte un soutien au programme d'information
et de formation des OING au bénéfice des citoyens
et des justiciables;
- Que l'ACCT, dans son souci d'enrichir son partenariat avec
les OING, les associe:
a) à ses prograrnmes d'assistance technique;
b) à la préparation et au suivi de la Conférence
des Ministres de la Justice du Caire;
- Que l'ACCT veille à l'effectivité de l'Etat
de droit et du respect des Droits de l'homme;
- Que l'ACCT envisage l'étude de mécanismes non
juridictionnels de protection des Droits de l'Homme;
- Que l'ACCT mette à la disposition de la Justice, des
moyens suffisants pour assurer et garantir son indépendance
et qu'elle recommande à ses Etats membres la nécessité
d'assurer la protection des magistrats et de rendre la justice
plus accessible aux justiciables;
- Que l'ACCT approfondisse la réflexion sur le mécanisme
de prévention des conflits afin d'éviter des situations
telles que celles que connaissent le Rwanda et le Burundi;
- Que l'ACCT, dans le cadre de sa préoccupation d'une
société juste dans les pays du Sud francophones,
amorce une réflexion sur les modèles de développement
propres à favoriser la paix.
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