ATELlER n·3:
Pour l'éducation et la formation en
Francophonie
Président:
M. Koffi ATTIGNON (ASAFED)
Rapporteur:
Mme Annie MONNERIE-GOARIN (FIPF)
L'enjeu
L'éducation et la formation sont en crise, ou en mutation,
dans la plupart des pays de l'espace francophone, malgré
des investissements considérables et de réels progrès
jusqu'au début des années 1980. Cette crise est
sans commune mesure dans les pays du Sud, en Afrique singulièrement,
où les niveaux de scolarisation et les conditions d'enseignement
tendent a régresser sous le double effet de la récession
économique, condamnée a l'ajustement structurel,
et de la forte croissance démographique.
Quelles réponses collectives la Francophonie peut-elle
apporter au nécessaire renouvellement des systèmes
éducatifs, en particulier dans l'enseignement primaire
ou fondamental, compte tenu de l'ampleur des coûts et des
besoins, des évolutions socio-économiques et de
la diversité des situations linguistiques ?
La place du français, comme langue enseignée ou
d'enseignement, du primaire au supérieur, dans les pays
de la Communauté francophone confère a ceux-ci une
responsabilité partagée a l'égard de l'éducation
et de la formation en Francophonie, mais aussi de l'enseignement
du français dans le monde.
Les principales références
II s'agit des principales sources sur lesquelles se fonde la
politique de coopération multilatérale francophone
dans le domaine considéré. Les documents correspondants
constituent donc des références auxquelles il convient
de se reporter.
- Les Sommets francophones, notamment celui de Dakar (1989)
- La Confémen
- La Confejes
- La Conférence des ministres francophones de l'Education
(Montréal, 1992)
- Les Assises francophones de la recherche (Abidjan, décembre
1993)
- La Conférence mondiale sur l'Education pour tous (Jomtien,
1990)
Les axes de la programmation de Maurice
Soutien a l'enseignement du français et a l'alphabétisation
- Cours panafricain du français écrit - langue
seconde
- Centre régional pour l'enseignement du français
dans l'océan Indien (Crefoi))
- Centre régional pour l'enseignement du français
en Asie du Sud-Est-Pacifique (Crefap)
- Réseau des Centres de français langue étrangère
- Fonds d'aide à la production de manuels scolaires
- Programme d'analyse des systèmes éducatifs (Pasec
-Confémen)
- Formation du personnel de l'éducation
Formation technique et professionnelle
- Programme de bourses techniques et professionnelles, destiné
a un réseau d'établissements de formation du Sud
- Centre africain de formation a l'édition et à
la diffusion de Tunis (Cafed)
- Fonds d'insertion des jeunes Entreprenariat-Jeunesse (Confejes)
- Programme de formation en appui au plan d'informatisation
des municipalités (AIMF)
- Réseau des Centres régionaux d'enseignement
spécialisé en agriculture (Cresa)
Formation a distance
- Consortium international francophone de formation a distance
(Ciffad)
- Formation des maîtres
- Unisat-Formation/TV5 et Aupelf-Uref
Perfectionnement dans les domaines prioritaires des
Sommets
- Ecole internationale de Bordeaux (EIB) (sessions de formation
organisées sur place ou dans les pays du Sud)
Les acteurs mandatés par les Sommets
- ACCT
- Aupelf-Uref
- Université Senghor
- AIMF
Enseignement supérieur
- Réseaux institutionnels de l'Uref (constitues de réseaux
internationaux de responsables de structures d'enseignement
supérieur)
- Bourses d'excellences de l'Uref (bourses postdoctorales)
- Bourses Cime de l'Uref (cursus intégrés pour
la mobilité des étudiants)
- Bourses doctorantes de l'Uref
- Filières francophones universitaires de l'Uref (a vocation
nationale ou régionale)
- Pôles d'excellence de l'Uref (régionalisation
des formations de niveau 3e cycle)
- Institut francophone d'informatique de Hanoi (Uref)
- Institut francophone de médecine tropicale de Vientiane
(Uref)
- Institut de technologie du Cambodge (Uref)
- Institut francophone d'administration et de gestion de Sofia
(Uref)
- Diplôme d'études professionnelles approfondies
(Dopa) de l'Université Senghor (en gestion de projets,
en institutions financières en gestion de l'environnement,
en nutrition et santé).
Les OING spécialisées déjà partenaires
- Association africaine d'éducation pour le développement
(Asafed)
- Association francophone d'éducation comparée
(Afec)
- Association francophone internationale des directeurs d'établissements
scolaires (Afides)
- Association internationale des techniciens biologistes (Assiteb)
- Comité syndical francophone d'éducation et de
formation (CSFEF)
- Conseil international d'études francophones(Clef)
- Fédération internationale des Centres d'entraînement
aux méthodes d' éducation active (Ficemea)
- Fédération internationale des professeurs de
français (FIPF)
R A P P O R T
L'atelier 3 intitule "Pour l'éducation et la formation
en Francophonie" a réuni 30 personnes, appartenant
a des organisations venues d'horizons relativement divers (associations
de femmes, de journalistes, de dentistes, de médecins,
professeurs . . . ).
Le document proposé aux participants a permis de dégager
les enjeux de cet atelier .Le constat des difficultés rencontrées
par les systèmes éducatifs dans la plupart des pays
de l'espace francophone, et en particulier dans les pays du Sud,
amène a s'interroger sur les réponses que la Francophone
a tenté d'apporter ou sur celles qui restent a trouver
dans le domaine de la formation. La faillite des institutions
en la matière et l'application encore partielle de stratégies,
pourtant efficaces, mises en oeuvre par des organismes comme l'ACCT,
qui a mené des expertises et produit des matériels
dont la qualité est indéniable, justifient la nécessité
de rechercher par le biais des organisations non-gouvernementales
un ancrage plus direct sur le terrain.
Cet ancrage sera d'autant plus réel que les OING n'apparaîtront
pas comme de simples opérateurs, mais comme des partenaires
réels de l'Agence et partant de la Francophonie multilatérale.
Si les OING constituent dans le champ de l'éducation et
de la formation les chevilles ouvrières du vaste projet
francophone, elles représentent également un potentiel
d'innovation en tant qu'initiatrices de projets rassembleurs.
Par ailleurs, une formation en francophonie passe par la création
d'un environnement francophone (médias, entreprises, .
. . ) et par l'existence d'un véritable "espoir francophone":
a quoi bon apprendre le français, si l'on ne peut utiliser
professionnellement cette langue.
Les participants ont ensuite procédé au choix du
président et du rapporteur. Le président a propose
l'ordre du jour suivant:
- Présentation des activités de l'Agence dans
le domaine de l'éducation et de la formation
- Quelle dynamique instaurer pour démultiplier les potentialités
francophones ? Problèmes et perspectives.
- Comment instaurer une complementarité entre les différentes
OING
- Questions diverses.
L' ordre du jour ayant été approuve, I ' ACCT a
présenté ses actions en matière d'éducation
et de formation. Elle a rappelé que ces actions s'inspirent
des recommandations des instances décisionnelles de la
Francophonie, et qu'elles vent bien entendu dépendantes
des possibilités budgétaires.
Deux grands domaines vent a distinguer:
- 1 ) Le formel: formation des enseignants, problèmes
d'édition et de diffusion du livre, développement
de la formation a distance, didactique du français langue
étrangère et langue seconde, autant d'aspects
ou l'Agence travaille, dans un contexte institutionnel souvent
défavorable du fait des problèmes économiques
et politiques. L'Agence a travers l'Ecole internationale de
Bordeaux forme en moyenne 1200 cadres et responsables par an
dans les différents secteurs prioritaires issus des Sommets.
Pour la réalisation de ces actions, l'Agence travaille
en étroite collaboration avec les partenaires institutionnels
(Confémen, Confejes, ...) et le monde associatif.
- 2) L'informel: dans le cadre de l'alphabétisation,
l'Agence s'est plus récemment orientée vers des
secteurs délaissés par la formation institutionnelle
pour consolider des pratiques professionnelles et proposer des
sessions de formation à des petits métiers ou
à des pratiques de type commercial.
Les participants ont apprécié la clarté
de cette présentation qui a suscite un certain nombre de
questions, et de propositions.
- I - Les OING peuvent-elles se substituer aux systèmes
éducatifs, où doivent-elles plutôt les relayer
? La majorité des personnel présentes a opté
pour cette deuxième solution. Les OING peuvent intervenir
dans la formation continue des enseignants, a l'instar de ce
qui se fait dans le système anglo-saxon. Elles peuvent
contribuer à la formation de l'élève en
tant que citoyen, et pousser a la modernisation des techniques
d'enseignement, en particulier en créant des ouvertures
vers les technologies nouvelles. Elles soutiendront ainsi l'action
institutionnelle, mais elles peuvent aussi intervenir la où
les institutions sont déficientes ou ne remplissent pas
leur rôle.
- Gardiennes du projet formation, quand le système éducatif
forme les chômeurs, lorsqu'il y a tarissement des emplois
traditionnels, les OING peuvent détecter les défaillances
et dispenser une formation à la fois plus modeste et
plus adaptée a la réalité. Les OING doivent
investir les espaces de proximité auxquels les structures
lourdes ne peuvent accéder. Cette démarche rejoindrait
celle de la Confejes, active dans le domaine de l'entreprenariat
jeunesse.
- II - N'y aurait-il pas une politique de concertation
a rechercher entre les pays de la zone francophone pour fournir
aux élèves un matériel plus accessible
et moins cher ? Cette recherche pourrait s'inscrire dans une
volonté de réduire les disparités de curricula.
Les expériences tentées par l'ACCT en matière
de production scolaire ne seraient-elles pas généralisables,
avec l'appui des associations d'éditeurs, des organisations
de formation à l'édition et des associations de
parents d'élèves ?
- Les réalisations ne manquent pas et les succès
remportés par la formation a distance pourraient également
inspirer certaines associations.
- III - Les OING doivent savoir se détacher de
leurs préoccupations sectorielles pour se mobiliser collectivement
sur des projets. Il faut mettre en commun toutes les forces
vives et déterminer comment chaque association peut apporter
sa pierre a l'édifice francophone. A cet effet, la mobilisation
des OING de la Francophonie serait possible a travers la définition
d'objectifs généraux commune dans un souci de
synergie et de complémentarité.
- Il a été proposé de définir des
contrats d'objectifs. Dans cette perspective, il a été
suggéré que les OING se donnent comme priorité
la formation et le soutien des enseignants prêts a oeuvrer
dans un complexe société-école intégrée.
- IV - Par ailleurs les participants ont souligne la
nécessité de faire circuler l'information a travers
les revues des OING, qui devraient ouvrir leurs colonnes aux
autres partenaires ne disposant pas d'organes de diffusion.
Enfin certains participants ont regrette que les pays ainsi les
OING francophones soient trop souvent absents des concertations
internationales générales ou sectorielles. A titre
d'exemple, peu d'OING francophones sont associées aux travaux
du DAK (groupe de bailleurs de fonds pour l'éducation).
Un certain étonnement a été manifesté
quant aux frontières marquées séparant les
actions des grands opérateurs francophones dans le domaine
de l'éducation et de la formation.
PARTICIPANTS
Organisations Internationales Non Gouvernementales
M. ALEXANDRE Pierre (AFEC)
M. ATTIGNON Koffi (ASAFED)
M. BABOO TIRTHURAT Gowreesunkur (DION)
M. BASTIDE Donos (AIFF)
M. CHARON Jacques (GADEF)
M. CHARRON Richard (AFIDES)
M. DALOU Laurent (ASSITEB)
M. DEBEAUVAIS Michel (AFEC)
M. DEM Cheickhe (FICEMEA)
Mme DUTEIL Huguette (UMPL)
M. GENTY Claure Laurent (UMPL)
Mme KANE Aïssata (AIFF)
M. KACOU Venance (AIEAF)
Mme LAURIN Louise (CPLF)
M. LECLERCQ Jean Michel (AFEC)
M. LEFEVRE Jacques (AIFA)
M. LE LOCH Raymond (FIPF)
Mme MARCHAL Nelly (ASSITEB)
Mme MONNERIE GOARIN Annie (FIPF)
M. MOUCHOUX Alain (CSFEF)
Mme PAILLOLE Colette (AFIDES)
M. QUENUM Jean Claude (AFEC)
M. PECOUX Pierre (UITF)
Mme PERREIN Paulette (GADEF)
Mme PICARD France (ACIPH)
Mme RANDO SCHELL Marie Aimée (BLF)
M. RIGAL Jean Louis (IFIGE)
M. TASSOU Kazaro (FiPF)
M. TCHIZINGA BOUYOU Joseph (AIFA)
M. THIAM Birehim (CSFEF)
M. VERCOUTERE Ciaude (FICEMEA)
M. VIGH Arpad (AEFECO)
M. ZIAN Saâd (AJAC)
Appui institutionnel
M. TABI MANGA Jean (ACCT)
M. FURLONG Robert (ACCT)
Mme d'ALMEIDA Annick (CPF)
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