1ère Conférence des OING - Paris (France), 24-25 octobre 1994

ATELlER n·3:

Pour l'éducation et la formation en
Francophonie

Président:
M. Koffi ATTIGNON (ASAFED)

Rapporteur:
Mme Annie MONNERIE-GOARIN (FIPF)

L'enjeu

L'éducation et la formation sont en crise, ou en mutation, dans la plupart des pays de l'espace francophone, malgré des investissements considérables et de réels progrès jusqu'au début des années 1980. Cette crise est sans commune mesure dans les pays du Sud, en Afrique singulièrement, où les niveaux de scolarisation et les conditions d'enseignement tendent a régresser sous le double effet de la récession économique, condamnée a l'ajustement structurel, et de la forte croissance démographique.

Quelles réponses collectives la Francophonie peut-elle apporter au nécessaire renouvellement des systèmes éducatifs, en particulier dans l'enseignement primaire ou fondamental, compte tenu de l'ampleur des coûts et des besoins, des évolutions socio-économiques et de la diversité des situations linguistiques ?

La place du français, comme langue enseignée ou d'enseignement, du primaire au supérieur, dans les pays de la Communauté francophone confère a ceux-ci une responsabilité partagée a l'égard de l'éducation et de la formation en Francophonie, mais aussi de l'enseignement du français dans le monde.

Les principales références

II s'agit des principales sources sur lesquelles se fonde la politique de coopération multilatérale francophone dans le domaine considéré. Les documents correspondants constituent donc des références auxquelles il convient de se reporter.

  • Les Sommets francophones, notamment celui de Dakar (1989)
  • La Confémen
  • La Confejes
  • La Conférence des ministres francophones de l'Education (Montréal, 1992)
  • Les Assises francophones de la recherche (Abidjan, décembre 1993)
  • La Conférence mondiale sur l'Education pour tous (Jomtien, 1990)

Les axes de la programmation de Maurice

Soutien a l'enseignement du français et a l'alphabétisation

  • Cours panafricain du français écrit - langue seconde
  • Centre régional pour l'enseignement du français dans l'océan Indien (Crefoi))
  • Centre régional pour l'enseignement du français en Asie du Sud-Est-Pacifique (Crefap)
  • Réseau des Centres de français langue étrangère
  • Fonds d'aide à la production de manuels scolaires
  • Programme d'analyse des systèmes éducatifs (Pasec -Confémen)
  • Formation du personnel de l'éducation

Formation technique et professionnelle

  • Programme de bourses techniques et professionnelles, destiné a un réseau d'établissements de formation du Sud
  • Centre africain de formation a l'édition et à la diffusion de Tunis (Cafed)
  • Fonds d'insertion des jeunes Entreprenariat-Jeunesse (Confejes)
  • Programme de formation en appui au plan d'informatisation des municipalités (AIMF)
  • Réseau des Centres régionaux d'enseignement spécialisé en agriculture (Cresa)

Formation a distance

  • Consortium international francophone de formation a distance (Ciffad)
  • Formation des maîtres
  • Unisat-Formation/TV5 et Aupelf-Uref

Perfectionnement dans les domaines prioritaires des Sommets

  • Ecole internationale de Bordeaux (EIB) (sessions de formation organisées sur place ou dans les pays du Sud)

Les acteurs mandatés par les Sommets

  • ACCT
  • Aupelf-Uref
  • Université Senghor
  • AIMF

Enseignement supérieur

  • Réseaux institutionnels de l'Uref (constitues de réseaux internationaux de responsables de structures d'enseignement supérieur)
  • Bourses d'excellences de l'Uref (bourses postdoctorales)
  • Bourses Cime de l'Uref (cursus intégrés pour la mobilité des étudiants)
  • Bourses doctorantes de l'Uref
  • Filières francophones universitaires de l'Uref (a vocation nationale ou régionale)
  • Pôles d'excellence de l'Uref (régionalisation des formations de niveau 3e cycle)
  • Institut francophone d'informatique de Hanoi (Uref)
  • Institut francophone de médecine tropicale de Vientiane (Uref)
  • Institut de technologie du Cambodge (Uref)
  • Institut francophone d'administration et de gestion de Sofia (Uref)
  • Diplôme d'études professionnelles approfondies (Dopa) de l'Université Senghor (en gestion de projets, en institutions financières en gestion de l'environnement, en nutrition et santé).

Les OING spécialisées déjà partenaires

  • Association africaine d'éducation pour le développement (Asafed)
  • Association francophone d'éducation comparée (Afec)
  • Association francophone internationale des directeurs d'établissements scolaires (Afides)
  • Association internationale des techniciens biologistes (Assiteb)
  • Comité syndical francophone d'éducation et de formation (CSFEF)
  • Conseil international d'études francophones(Clef)
  • Fédération internationale des Centres d'entraînement aux méthodes d' éducation active (Ficemea)
  • Fédération internationale des professeurs de français (FIPF)



R A P P O R T

L'atelier 3 intitule "Pour l'éducation et la formation en Francophonie" a réuni 30 personnes, appartenant a des organisations venues d'horizons relativement divers (associations de femmes, de journalistes, de dentistes, de médecins, professeurs . . . ).

Le document proposé aux participants a permis de dégager les enjeux de cet atelier .Le constat des difficultés rencontrées par les systèmes éducatifs dans la plupart des pays de l'espace francophone, et en particulier dans les pays du Sud, amène a s'interroger sur les réponses que la Francophone a tenté d'apporter ou sur celles qui restent a trouver dans le domaine de la formation. La faillite des institutions en la matière et l'application encore partielle de stratégies, pourtant efficaces, mises en oeuvre par des organismes comme l'ACCT, qui a mené des expertises et produit des matériels dont la qualité est indéniable, justifient la nécessité de rechercher par le biais des organisations non-gouvernementales un ancrage plus direct sur le terrain.

Cet ancrage sera d'autant plus réel que les OING n'apparaîtront pas comme de simples opérateurs, mais comme des partenaires réels de l'Agence et partant de la Francophonie multilatérale.

Si les OING constituent dans le champ de l'éducation et de la formation les chevilles ouvrières du vaste projet francophone, elles représentent également un potentiel d'innovation en tant qu'initiatrices de projets rassembleurs.

Par ailleurs, une formation en francophonie passe par la création d'un environnement francophone (médias, entreprises, . . . ) et par l'existence d'un véritable "espoir francophone": a quoi bon apprendre le français, si l'on ne peut utiliser professionnellement cette langue.

Les participants ont ensuite procédé au choix du président et du rapporteur. Le président a propose l'ordre du jour suivant:

  1. Présentation des activités de l'Agence dans le domaine de l'éducation et de la formation
  2. Quelle dynamique instaurer pour démultiplier les potentialités francophones ? Problèmes et perspectives.
  3. Comment instaurer une complementarité entre les différentes OING
  4. Questions diverses.

L' ordre du jour ayant été approuve, I ' ACCT a présenté ses actions en matière d'éducation et de formation. Elle a rappelé que ces actions s'inspirent des recommandations des instances décisionnelles de la Francophonie, et qu'elles vent bien entendu dépendantes des possibilités budgétaires.

Deux grands domaines vent a distinguer:

1 ) Le formel: formation des enseignants, problèmes d'édition et de diffusion du livre, développement de la formation a distance, didactique du français langue étrangère et langue seconde, autant d'aspects ou l'Agence travaille, dans un contexte institutionnel souvent défavorable du fait des problèmes économiques et politiques. L'Agence a travers l'Ecole internationale de Bordeaux forme en moyenne 1200 cadres et responsables par an dans les différents secteurs prioritaires issus des Sommets. Pour la réalisation de ces actions, l'Agence travaille en étroite collaboration avec les partenaires institutionnels (Confémen, Confejes, ...) et le monde associatif.
2) L'informel: dans le cadre de l'alphabétisation, l'Agence s'est plus récemment orientée vers des secteurs délaissés par la formation institutionnelle pour consolider des pratiques professionnelles et proposer des sessions de formation à des petits métiers ou à des pratiques de type commercial.

Les participants ont apprécié la clarté de cette présentation qui a suscite un certain nombre de questions, et de propositions.

I - Les OING peuvent-elles se substituer aux systèmes éducatifs, où doivent-elles plutôt les relayer ? La majorité des personnel présentes a opté pour cette deuxième solution. Les OING peuvent intervenir dans la formation continue des enseignants, a l'instar de ce qui se fait dans le système anglo-saxon. Elles peuvent contribuer à la formation de l'élève en tant que citoyen, et pousser a la modernisation des techniques d'enseignement, en particulier en créant des ouvertures vers les technologies nouvelles. Elles soutiendront ainsi l'action institutionnelle, mais elles peuvent aussi intervenir la où les institutions sont déficientes ou ne remplissent pas leur rôle.
Gardiennes du projet formation, quand le système éducatif forme les chômeurs, lorsqu'il y a tarissement des emplois traditionnels, les OING peuvent détecter les défaillances et dispenser une formation à la fois plus modeste et plus adaptée a la réalité. Les OING doivent investir les espaces de proximité auxquels les structures lourdes ne peuvent accéder. Cette démarche rejoindrait celle de la Confejes, active dans le domaine de l'entreprenariat jeunesse.
II - N'y aurait-il pas une politique de concertation a rechercher entre les pays de la zone francophone pour fournir aux élèves un matériel plus accessible et moins cher ? Cette recherche pourrait s'inscrire dans une volonté de réduire les disparités de curricula. Les expériences tentées par l'ACCT en matière de production scolaire ne seraient-elles pas généralisables, avec l'appui des associations d'éditeurs, des organisations de formation à l'édition et des associations de parents d'élèves ?
Les réalisations ne manquent pas et les succès remportés par la formation a distance pourraient également inspirer certaines associations.
III - Les OING doivent savoir se détacher de leurs préoccupations sectorielles pour se mobiliser collectivement sur des projets. Il faut mettre en commun toutes les forces vives et déterminer comment chaque association peut apporter sa pierre a l'édifice francophone. A cet effet, la mobilisation des OING de la Francophonie serait possible a travers la définition d'objectifs généraux commune dans un souci de synergie et de complémentarité.
Il a été proposé de définir des contrats d'objectifs. Dans cette perspective, il a été suggéré que les OING se donnent comme priorité la formation et le soutien des enseignants prêts a oeuvrer dans un complexe société-école intégrée.
IV - Par ailleurs les participants ont souligne la nécessité de faire circuler l'information a travers les revues des OING, qui devraient ouvrir leurs colonnes aux autres partenaires ne disposant pas d'organes de diffusion.

Enfin certains participants ont regrette que les pays ainsi les OING francophones soient trop souvent absents des concertations internationales générales ou sectorielles. A titre d'exemple, peu d'OING francophones sont associées aux travaux du DAK (groupe de bailleurs de fonds pour l'éducation).

Un certain étonnement a été manifesté quant aux frontières marquées séparant les actions des grands opérateurs francophones dans le domaine de l'éducation et de la formation.


PARTICIPANTS

Organisations Internationales Non Gouvernementales

M. ALEXANDRE Pierre (AFEC)
M. ATTIGNON Koffi (ASAFED)
M. BABOO TIRTHURAT Gowreesunkur (DION)
M. BASTIDE Donos (AIFF)
M. CHARON Jacques (GADEF)
M. CHARRON Richard (AFIDES)
M. DALOU Laurent (ASSITEB)
M. DEBEAUVAIS Michel (AFEC)
M. DEM Cheickhe (FICEMEA)
Mme DUTEIL Huguette (UMPL)
M. GENTY Claure Laurent (UMPL)
Mme KANE Aïssata (AIFF)
M. KACOU Venance (AIEAF)
Mme LAURIN Louise (CPLF)
M. LECLERCQ Jean Michel (AFEC)
M. LEFEVRE Jacques (AIFA)
M. LE LOCH Raymond (FIPF)
Mme MARCHAL Nelly (ASSITEB)
Mme MONNERIE GOARIN Annie (FIPF)
M. MOUCHOUX Alain (CSFEF)
Mme PAILLOLE Colette (AFIDES)
M. QUENUM Jean Claude (AFEC)
M. PECOUX Pierre (UITF)
Mme PERREIN Paulette (GADEF)
Mme PICARD France (ACIPH)
Mme RANDO SCHELL Marie Aimée (BLF)
M. RIGAL Jean Louis (IFIGE)
M. TASSOU Kazaro (FiPF)
M. TCHIZINGA BOUYOU Joseph (AIFA)
M. THIAM Birehim (CSFEF)
M. VERCOUTERE Ciaude (FICEMEA)
M. VIGH Arpad (AEFECO)
M. ZIAN Saâd (AJAC)

Appui institutionnel

M. TABI MANGA Jean (ACCT)
M. FURLONG Robert (ACCT)
Mme d'ALMEIDA Annick (CPF)