Discours d'ouverture prononcé par
Madame Shirin AUMEERUDDY-CZIFFRA
Président
du Conseil permanent de la Francophonie
à l 'occasion de la Première Conférence francophone
des Organisations Internationales Non Gouvernementales
(Paris le 24 octobre 1994)
Monsieur le Secrétaire Général,
Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs,
Je me réjouis de prendre la parole devant vous ce matin,
et ce pour plusieurs raisons. D'abord et avant tout parce que,
depuis deux ans que je préside le Conseil Permanent de
la Francophonie, nous nous sommes beaucoup investis afin que soit
convoquée cette Conférence, qui est à nos
yeux primordiale pour que la Francophonie des Etats ne soit pas
complètement coupée des réalités.
En effet, il est important de rappeler que la Conférence
Ministérielle réunie en décembre 1992 à
Paris avait approuvé un projet de directives, préparé
par le Conseil Permanent, sur les relations des instances de la
Francophonie avec les OING. En décembre 1993, la Conférence
Ministérielle de la Francophonie, réunie à
Bamako, a approuvé une modification de la Charte de l'ACCT
pour que ce projet devienne une réalité.
Je suis heureuse que nous ayons pu réunir cette première
Conférence pendant mon mandat, et un an avant le 6ème
Sommet qui se réunira à Cotonou. Ce qui nous permettra
de prendre en compte toutes vos réflexions et toutes vos
suggestions dans la préparation des documents politiques
et économiques du prochain Sommet, mais aussi dans le cadre
de la programmation du prochain biennum (1995-1997).
Je me réjouis aussi sur un plan plus personnel car j'ai
moi-même travaillé pendant de longues années
avec les ONG et les OING. Je dirai que, malgré mon passage
au gouvernement à plusieurs postes de responsabilité,
y compris celui d'Ambassadeur que j'occupe en ce moment et celui
de Président d'une instance politique multilatérale,
j'ai fondamentalement une culture ONG.
Je suis donc particulièrement sensible à la nécessité
de rapprocher les ONG des instances de décision que ce
soit au niveau local, régional ou international. C'est
pour moi l'expression la plus parfaite de la démocratie
moderne qui permet une interaction entre gouvernants et gouvernés.
Chacun bien sûr conservant son rôle et son indépendance.
Les ONG, forces vives de la nation, ayant un rôle consultatif
et agissant comme courroie privilégiée de transmission
dans les deux sens; et capable, pour beaucoup maintenant, de mettre
en chantier des projets spécifiques avec l'aide et le soutien
des gouvernements et des organisations internationales.Quel sera
donc votre rôle au sein de la Francophonie ?
Les directives et la Charte de l'Agence spécifient que
votre Conférence, par l'intermédiaire du comité
de liaison que vous élirez demain, a le devoir de coopérer
avec la Présidence du CPF et le secrétariat de l'ACCT.
Pour que cette collaboration soit fructueuse et efficace, il vous
faudra bien comprendre le fonctionnement de l'appareil institutionnel
de la Francophonie. Et aussi bien comprendre les enjeux de notre
organisation.
Sur l'institutionnel je vous dirai simplement quelques mots mais
je me fais fort de vous faire parvenir des documents qui vous
aideront à bien comprendre les mécanismes quelque
peu complexes de notre mode de fonctionnement.
Depuis le Sommet de Chaillot notre organisation comporte deux
niveaux: des instances politiques et des organes exécutifs.
Au sommet des instances politiques se situe la Conférence
des Chefs d'Etats et de Gouvernement des pays ayant le Français
en partage qui se tient tous les deux ans. Puis entre ces deux
Sommets se tiennent des Conférences Ministérielles
qui assurent la préparation et le suivi des Sommets. La
Conférence Ministérielle est aussi l'organe suprême
de l'ACCT et à ce titre elle en est le Conseil d'administration
et la Conférence Générale. Puis vient le
CPF qui est composé de quinze ( 15) représentants
des Chefs d'Etat et de Gouvernement et qui a son siège
à Paris. Comme son nom l'indique, ce conseil est permanent
et il se réunit au moins quatre fois l'an. Il a mission
d'animer et de coordonner les activités institutionnelles
de la communauté francophone. Le CPF est un organe de décision
politique et il traite de toutes les questions relatives à
la vie et à l'avenir de l'espace francophone.
Voilà pour le niveau politique où il faut situer
également les Conférences Ministérielles
sectorielles, la CONFEMEN et la CONFEJES de même que l'AIPLF
qui, depuis le Sommet de Maurice, est l'assemblée consultative
des parlementaires de langue française auprès des
instances.
Pour assurer l'exécution de leurs décisions, la
structure politique et le Conseil Permanent en particulier s'appuient
sur des opérateurs. Au premier chef, l'Agence de Coopération
Culturelle et Technique qui est à la fois l'opérateur
principal et le secrétariat des instances politiques. Et
puis l'AUPELF/UREF pour l'enseignement supérieur et la
recherche universitaire, TV5, Université Senghor d'Alexandrie
et l'AIMF.
Par le fait que votre Conférence est incluse dans la Charte
de 1'ACCT, vous faites désormais partie de l'ensemble institutionnel
francophone mais à un titre spécifique, à
savoir que vous êtes reconnus comme des partenaires privilégiés
pour promouvoir la Francophonie sur le terrain, sensibiliser nos
populations aux enjeux de notre communauté et les mobiliser
à participer à sa vie et à son devenir.Vous
êtes même d une certaine manière associées
aux grandes orientations politiques assignées par le Sommet
de Maurice à la Francophonie. En effet, le Sommet de Maurice
aura été marqué par l'affirmation du rôle
politique que la Francophonie doit jouer sur la scène internationale.
Il nous a demandé à cette fin de nous engager dans
la préparation et la tenue des Conférences internationales
convoquées par l'ONU. Nous étions allés à
RIO et à Vienne, nous sommes allés à la Barbade
et au Caire cette année et nous irons à Copenhague
et à Pékin en 1995. Nous savons que les OING s'investissent
beaucoup dans leurs Conférences. Vous participez ainsi,
avec vos préoccupations propres, à la Francophonie
politique. Votre collaboration nous est indispensable comme relais
de la préparation et du suivi de ces Conférences
auprès des populations auxquelles elles s'adressent.
Ainsi notre collaboration est déjà en marche. Nous
avons maintenant le devoir de l'amplifier et de la rendre plus
concrète encore pour répondre aux objectifs qui
nous ont été assignés par nos Chefs d'Etat
et de Gouvernement. Dans un monde aux enjeux qui tiennent à
la survie et au bien-être des femmes et des hommes, la communauté
francophone a besoin de toutes ses forces vives pour faire entendre
son message. Sans vous il ne peut être entendu de tous.
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