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Introduction aux travaux
de la 1re Conférence francophone
des organisations internationales non gouvernementales
organisée par l'Agence de coopération culturelle
et technique
à Paris, les 24 et 25 octobre 1994
La francophonie de
terrain: vers le somment de Cotonou
La Francophonie a besoin des OING
La Francophonie n'est pas et ne peut être l'affaire des
seuls Etats. Elle a en particulier besoin des organisations internationales
non gouvernementales pour populariser ses idées, enraciner
ses actions, développer ses projets.
Cela est vrai aujourd'hui comme
hier
Sans le mouvement associatif, l'Agence de coopération
culturelle et technique, l'organisation intergouvernementale de
la Francophonie, n'aurait sans doute pas vu le jour, il y a près
de 25 ans, sur les bords du Niger. Un Conseil consultatif, largement
ouvert aux associations, fut alors créé. ll devait
se révéler toutefois, avec le temps, mal adapté
aux évolutions de la coopération multilatérale
francophone. L'Agence a certes continué de développer
ses rapports avec nombre d'ONG mais une relance du dialogue et
de la concertation collective s'imposait, d'autant que de nouvelles
instances étaient nées avec les Sommets.
Une réforme du cadre des
relations institutionnelles était nécessaire
C'est pourquoi l'Agence a révisé sa Charte, en
décembre dernier, pour instituer une Conférence
biennale des organisations internationales non gouvernementales
dont doit être issu un Comité de liaison permanent.
Cette réforme se fonde sur les orientations des Sommets
et sur les directives adoptées par le Conseil permanent
de la Francophonie, pour clarifier, resserrer et développer
les relations entre les instances francophones et les OING, dans
le sens notamment d'une plus large participation du Sud.
Il s'agit maintenant d'établir
de nouvelles convergences francophones
L'ambition et le rythme qu'ont imprimés les Sommets à
la Francophonie, depuis 1986, appellent de tous les acteurs et
réseaux, gouvernementaux et non gouvernementaux, une vision
d'ensemble et des relations harmonisées. Tel est le sens
de la recherche de nouvelles convergences francophones entre les
peuples et les États, entre la société civile
et les pouvoirs d'une institution internationale peuples et les
États, entre la société civile et les pouvoirs
publics et, notamment, entre les institutions et les associations
internationales. Tel est l'esprit de la Conférence des
ONG: faire converger les chemins de la Francophonie, du terrain
aux Sommets, ou inversement. C'est pour mieux agir sur le terrain
que la Francophonie institutionnelle va à la rencontre
des OING. C'est pour mieux participer à la dynamique des
Sommets que celles-ci sont invitées à cette rencontre.
La question centrale est, dès
lors, celle du rôle et de la place
de la Francophonie de terrain: vers le Sommet de Cotonou
Faire converger ne signifie pas confondre l'intergouvernemental
et le non-gouvernemental. Le développement des réseaux
de la Francophonie suppose que chaque type d'acteur conserve ses
traits spécifiques. La spontanéité et l'indépendance
des associations sont un capital à valoriser, qui ne peut
être cédé sans pertes pour la Francophonie.
Le thème général de la Conférence
ne consiste donc pas à situer le mouvement associatif directement
dans le cadre des Sommets mais à l'inscrire dans la dynamique
que ceux-ci ont lancée, en se plaçant dans la perspective
du prochain, prévu au Bénin, en 1995. Comment la
Francophonie de terrain, forte de ses réseaux associatifs,
peut-elle aujourd'hui contribuer à enrichir l'idée,
le projet et la coopération multilatérale francophones
? Qu'attend-elle des États ou des institutions ? Qu'a-t-elle
à leur proposer ? Quels sont ses propres programmes et
quelles sont ces possibilités de participer à la
mise en oeuvre de ceux arrétés par les Sommets ?
En bref, quelles sont les voies de collaboration imaginables entre
acteurs publics et privés de la Francophonie ?
Vue des Sommets, la Francophonie
repose sur les Etats (ou gouvernements)
Elle est actuellement constituée:
- de 47 États ou gouvernements de pays ayant le français
en partage;
- d'instances politiques;
- la Conférence des chefs d 'État et de gouvernement
qui se réunit tous les deux ans;
- la Conférence ministérielle de la Francophonie
qui réunit chaque année les ministres des Affaire,
étrangères ou de la Francophonie;
- le Conseil permanent de la Francophonie qu réunit trimestriellement
les représentants personnels de chefs d'État et
de gouvernement;
- d'une institution internationale: l'Agence de coopération
culturelle et technique (ACCT), organisation intergouvernementale
de la Francophonie et secrétariat de toutes les instances;
- d'une assemblée consultative: l'Assemblée internationale
des parlementaires de langue française (AIPLF);
- de deux Conférences ministérielles permanentes,
l'une pour l'éducation, la Confémen l'autre pour
la Jeunesse et les Sports, la Conféjes dont dépend
le Comité international des Jeux de la Francophonie;
- de trois opérateurs spécialisés, mandatés
par les Sommets, pour la réalisation de programmes dans
des domaines relevant d'une gestion autonome ;
- l'Association des universités partiellement ou entièrement
de langue française (Aupelf) pour le programme de l'Université
des réseaux d'expression française (Uref);
- TVS, entreprise multinationale composée de TV5 Europe,
TV5 Québec-Canada et TV5 Afrique (en cours de constitution);
- l'Université internationale de langue française
au service du développement africain (UILFDA), dite «
Université Senghor »;
- d'un opérateur associé à l'Agence: l'Association
internationale des maires et responsables des capitales et métropoles
partiellement ou entièrement francophones (AIMF);
- d'un ensemble de structures et de réseaux intégrés
ou associés à l'Agence de coopération culturelle
et technique ou aux opérateurs spécialisés.
Vue du terrain, la Francophonie
repose sur les particuliers (ou individus)
et sur les groupes
Elle est constituée:
- de tous ceux, Francophones ou francisants, qui, à un
titre ou à un autre, utilisent la langue française
dans le monde, au-delà même de l'espace géopolitique
francophone, soit actuellement:
- environ 120 millions de Francophones qui ont le français
pour langue maternelle, seconde ou d'adoption;
- environ 100 millions de francisants qui recourent au français
comme langue étrangère;
- de groupements d'origine privée, à but lucratif
ou non, de nature très diverse (entreprises, syndicats
ou corporations professionnelles, ordres religieux, mouvements
politiques....);
- d'associations militantes de solidarité qui peuvent
être nationales (ou locales), plurinationales (binationales
ou multipartites) ou véritablement internationales, à
l'échelle intercontinentale ou régionale.
C'est à cette dernière catégorie, celle
des associations internationales, appelées "OING",
qu'est destinée la Conférence. Il s'agit ainsi d'illustrer
et de promouvoir l'ambition multilatérale du projet francophone.
Les OING doivent occuper une place
privilégiée dans l'édification de la communauté
francophone
Il n'est nullement question de mésestimer le rôle
des associations nationales qui se consacrent ou qui concourent
à la Francophonie, mais leurs interlocuteurs naturels sont
les Etats sur les territoires desquels elles se situent.
En dernière analyse, les associations francophones sont
par essence, internationales si l'on considère que le caractère
original et novateur de la Francophonie réside précisément
dans la volonté commune, non seulement d'États mais
de collectivités et d'individus, de rassembler leurs énergies
au-delà de préoccupations purement nationales ou
de relations bilatérales préexistantes. Il n'y aurait
d'ailleurs guère de valeur opératoire à qualifier
de "francophones" la totalité des associations
du monde francophone.
Les OING présentent le double
avantage d'être en prise sur les opinions publiques
et sur les réalités internationales
Les OING offrent ainsi à la Francophonie un ensemble de
réseaux d'identification des attentes, de sensibilisation
des populations, d'interventions de terrain. Elles sont à
la fois corps intermédiaires et intervenantes, ce qui les
met dans des situations propices au développement de la
conscience et du partenariat francophones. C'est à ce double
titre qu'elles sont pour la Francophonie institutionnelle des
interlocuteurs essentiels.
Il importe dès lors de promouvoir
leur rôle de médiation,
d'innovation et de coopération
C'est la signification qu'il faut donner aux objectifs d'information,
de consultation et de concertation que s'est fixés la Conférence.
- Information et consultation sur les orientations et la programmation
arrêtées au Sommet de Maurice et, surtout, sur
celles qui se préparent pour celui de Cotonou.
- Concertation pour:
- identifier les organisations susceptibles d'apporter une contribution
utile et efficace à la mise en oeuvre des programmes
de la Francophonie
- favoriser la coopération entre les OING ellesmêmes
comme avec la présidence du CPF et le secrétariat
général de l'Agence
- mettre en place un Comité de liaison permanent des
OING.
Les travaux de la Conférence
seront guidés par quatre principes directeurs
- s'inscrire dans la durée
- mobiliser les partenaires
- harmoniser les réseaux
- décentraliser les actions.
S'inscrire dans la durée et non dans l'urgence
Bien entendu, la Francophonie ne peut être sourde aux appels
de détresse de l'actualité tragique au Rwanda ou
du quotidien permanent de la faim ou de l'analphabétisme
dans le monde. Mais quand les besoins sont vitaux, il n'est guère
de temps pour les évaluer ou se concerter; il faut d'abord
agir. Au-delà de l'urgence humanitaire, la Conférence
des OING se situe dans la perspective du développement
humain et s'inscrit dans la logique de la coopération.
Mobiliser les partenaires et non les enrégimenter
Plutôt que de s'enfermer dans une unanimité illusoire,
les OING étant par définition indépendantes,
il convient d'identifier les idées et les possibilités
d'action susceptibles d'enrichir leurs motivations. Sans doute
l'idéal francophone doit-il être commun, dans ses
grands principes, et faut-il se garder, ici comme ailleurs, des
positions extrêmes, mais la diversité du mouvement
associatif est elle-même signe de la richesse de la Francophonie
et gage de militantisme.
Harmoniser les réseaux et non les intégrer
L'option de la Francophonie pour le fonctionnement en réseaux
permet de mettre en commun les énergies et les moyens du
plus grand nombre possible de forces vives, à condition
cependant d'éviter l'écueil technocratique de la
tendance à l'intégration. Il faut dépasser
la tentation d'institutionnaliser les réseaux associatifs
ou de les fédérer dans une grande organisation commune
et préférer un système de relations contractuelles
qui valorise les apports de chacun.
Décentraliser les actions
et non simplement les déconcentrer
La Francophonie institutionnelle doit pouvoir se tourner vers
ses partenaires associatifs non seulement pour faire faire des
opérations liées à ses programmes, mais aussi
pour encourager leurs initiatives ou leurs projets, dans les domaines
prioritaires définis par les Sommets.
Des ateliers de travail porteront
sur quatre grands domaines
d'interêt commun de la coopération multilatérale
francophone
La création plurielle
L'éducation et la formation
Le développement harmonisé
Le droit et la justice
La création, dans les secteurs de la culture, de la communication
et de la langue, ainsi que l'éducation et la formation
constituent, dès l'origine, les champs de prédilection
de la Francophonie. Jusque dans les années 1980, l'Agence
comme les OING y ont consacré l'essentiel de leurs activités
et elles continuent d'y investir une grande part de leurs moyens.
Sous l'impulsion des Sommets, la Francophonie a progressivement
élargi les dimensions de la coopération multilatérale
francophone en y ajoutant notamment le domaine du développement,
dans les secteurs de l'information spécialisée,
de l'agriculture, de l'énergie, de l'environnement et du
partenariat économique, et celui du droit et de la justice,
axé sur l'État de droit, les droits de l'Homme et
la démocratie. Ces nouveaux champs d'intervention situent
la Francophonie dans des secteurs où le milieu des ONG
est particulièrement actif dans le monde et conditionne
l'extension du tissu associatif francophone.
Une table ronde sur la coopération
multilatérale francophone:
interventions et réseaux de terrain ouvrira le débat
général
Des personnalités extérieures aux organisations
participantes seront invitées à témoigner
de leur expérience de la coopération non gouvernementale
dans le monde francophone et à ouvrir des pistes de réflexion
sur les voies et moyens de renforcer la collaboration entre l'institutionnel
francophone et le monde associatif.
À partir de ce regard extérieur, les participants
à la Conférence débattront des orientations
et objectifs de leur rencontre, sur la base des travaux qu'ils
auront menés en ateliers, mais dans une perspective transversale,
fondée sur leurs préoccupations communes.
AGENCE DE COOPÉRATION CULTURELLE ET TECHNIQUE
13, quai André-Citroën, 75015 Paris (France)
téléphone: (33-1) 44 37 33 00, télécopie:
(33-1) 45 79 14 98
Responsable de la Conférence des OING: Xavier Michel,
téléphone: (33-1) 44 37 32 26
Responsable des relations avec la presse: Danièle Toulemont,
téléphone: (33-1) 44 37 32 59
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