1ère Conférence des OING - Paris (France), 24-25 octobre 1994

 

DISCOURS DE JEAN-LOUIS ROY

SECRÉTAIRE GÉNÉRAL
AGENCE DE COOPÉRATION CULTURELLE ET TECHNIQUE (ACCT)

 

Monsieur le Ministre, Madame l'Ambassadeur,

J'essaierai d'être aussi bref que le président de notre Conférence.

Je voudrais vous dire, Monsieur le Ministre, que nous venons de vivre, comme le rappelait à l' instant, le Président, deux journées exceptionnelles .

Voilà qu'à la suite des voeux du Sommet, à la suite des décisions de la Conférence ministérielle à laquelle vous avez participé, à la suite des travaux du Conseil permanent de la Francophonie, sont réunies à Paris, depuis quarante-huit heures, des OING qui viennent de vingt six pays, qui oeuvrent dans sept grands domaines et qui, j'en ai la profonde conviction, ont fait progressé le vivre ensemble, le vivre ensemble différents, qui est la définition même de la Francophonie.

Monsieur le Ministre, nous savons le travail qui est le vôtre et vos convictions s'agissant de l'exception culturelle. Je dois vous dire que cette expression a été reprise sans arrêt, à cette table, depuis hier matin, exception culturelle signifiant reconnaissance de la diversité des langues, reconnaissance de la pluralité des cultures, reconnaissance finalement d'un ordre de valeurs que nous partageons avec tous mais qui est aussi singulier en Francophonie. Permettez-moi d'observer, après tout ce que j'ai entendu ici depuis quarante huit heures, que l'exception francophone - pour citer l'un d'entre-nous - est aussi exception par le niveau des attentes et des espérances.

Monsieur le Ministre, nous avons des liens avec plus de deux cent vingt cinq ONG dans la maison que je dirige. Beaucoup d'entre elles étaient à nos tables. D'autres n'y étaient pas. Tout cela pour souhaiter qu'à la prochaine Conférence des OING, dans deux ans, nous puissions élargir la participation à des représentants d'Asie du Sud-Est et l'Europe de l'Est. Ils manquaient, et nous n'avons pas su trouver d'OING francophones dans ces régions. Mon voeu est qu'il en soit créé et que nous puissions les avoir avec nous en 1996.

Monsieur le Ministre, vous ne serez pas surpris si je vous précise que nous avons parlé d'Etat de Droit, que nous avons parlé de Démocratie, que nous avons parlé de Droits et Libertés, y compris dans le contexte du Rwanda, et que nous avons dit "Plus jamais, dans l'espace francophone !".

Comme le Président vient de le rappeler, nous avons aussi beaucoup parlé de langue et j'aurais souhaite qu'une assistance plus nombreuse encore soit autour de cette table pour entendre nos amis de Mauritanie, du Sénégal, du Burkina-Faso, de Tunisie et d'ailleurs défendre la langue qui nous est commune et demander qu'elle soit défendue a un autre niveau, partout et notamment auprès des organisations internationales.

Je le dis en étant d'autant plus a l'aise que vous êtes, Monsieur le Ministre, celui qui a fait voter récemment a l'Assemblée nationale de France une loi sur la langue française que nous attendions depuis longtemps.

Nous avons bien sûr beaucoup parlé d'éducation. Nous avons parlé de ce scandale qui fait qu'aujourd'hui les enfants sont de plus en plus scolarisés en Amérique Latine et en Asie ou ils ne l'étaient pas, et de plus en plus, ne pas en Afrique. Cette situation doit changer.

Nous avons encore parlé de circulation des biens culturels et de production moderne, novatrice dans le domaine de la culture.

Nous avons parle des autoroutes de l'information et du développement durable.

Monsieur le Ministre, vous le savez, nous avons besoin de toutes les forces de la Francophonie pour réussir a conforter cet espace commun. Nous avons eu trier et aujourd'hui, avec nous, des hommes et des femmes de conviction qui, d'une façon a la fois totalement responsable et raisonnable, ont souhaite que le projet francophone éclaire loin l'avenir.