DISCOURS DE JEAN-LOUIS ROY
SECRÉTAIRE
GÉNÉRAL
AGENCE DE COOPÉRATION CULTURELLE ET TECHNIQUE (ACCT)
Monsieur le Ministre, Madame l'Ambassadeur,
J'essaierai d'être aussi bref que le président de
notre Conférence.
Je voudrais vous dire, Monsieur le Ministre, que nous venons
de vivre, comme le rappelait à l' instant, le Président,
deux journées exceptionnelles .
Voilà qu'à la suite des voeux du Sommet, à
la suite des décisions de la Conférence ministérielle
à laquelle vous avez participé, à la suite
des travaux du Conseil permanent de la Francophonie, sont réunies
à Paris, depuis quarante-huit heures, des OING qui viennent
de vingt six pays, qui oeuvrent dans sept grands domaines et qui,
j'en ai la profonde conviction, ont fait progressé le vivre
ensemble, le vivre ensemble différents, qui est la définition
même de la Francophonie.
Monsieur le Ministre, nous savons le travail qui est le vôtre
et vos convictions s'agissant de l'exception culturelle. Je dois
vous dire que cette expression a été reprise sans
arrêt, à cette table, depuis hier matin, exception
culturelle signifiant reconnaissance de la diversité des
langues, reconnaissance de la pluralité des cultures, reconnaissance
finalement d'un ordre de valeurs que nous partageons avec tous
mais qui est aussi singulier en Francophonie. Permettez-moi d'observer,
après tout ce que j'ai entendu ici depuis quarante huit
heures, que l'exception francophone - pour citer l'un d'entre-nous
- est aussi exception par le niveau des attentes et des espérances.
Monsieur le Ministre, nous avons des liens avec plus de deux
cent vingt cinq ONG dans la maison que je dirige. Beaucoup d'entre
elles étaient à nos tables. D'autres n'y étaient
pas. Tout cela pour souhaiter qu'à la prochaine Conférence
des OING, dans deux ans, nous puissions élargir la participation
à des représentants d'Asie du Sud-Est et l'Europe
de l'Est. Ils manquaient, et nous n'avons pas su trouver d'OING
francophones dans ces régions. Mon voeu est qu'il en soit
créé et que nous puissions les avoir avec nous en
1996.
Monsieur le Ministre, vous ne serez pas surpris si je vous précise
que nous avons parlé d'Etat de Droit, que nous avons parlé
de Démocratie, que nous avons parlé de Droits et
Libertés, y compris dans le contexte du Rwanda, et que
nous avons dit "Plus jamais, dans l'espace francophone !".
Comme le Président vient de le rappeler, nous avons aussi
beaucoup parlé de langue et j'aurais souhaite qu'une assistance
plus nombreuse encore soit autour de cette table pour entendre
nos amis de Mauritanie, du Sénégal, du Burkina-Faso,
de Tunisie et d'ailleurs défendre la langue qui nous est
commune et demander qu'elle soit défendue a un autre niveau,
partout et notamment auprès des organisations internationales.
Je le dis en étant d'autant plus a l'aise que vous êtes,
Monsieur le Ministre, celui qui a fait voter récemment
a l'Assemblée nationale de France une loi sur la langue
française que nous attendions depuis longtemps.
Nous avons bien sûr beaucoup parlé d'éducation.
Nous avons parlé de ce scandale qui fait qu'aujourd'hui
les enfants sont de plus en plus scolarisés en Amérique
Latine et en Asie ou ils ne l'étaient pas, et de plus en
plus, ne pas en Afrique. Cette situation doit changer.
Nous avons encore parlé de circulation des biens culturels
et de production moderne, novatrice dans le domaine de la culture.
Nous avons parle des autoroutes de l'information et du développement
durable.
Monsieur le Ministre, vous le savez, nous avons besoin de toutes
les forces de la Francophonie pour réussir a conforter
cet espace commun. Nous avons eu trier et aujourd'hui, avec nous,
des hommes et des femmes de conviction qui, d'une façon
a la fois totalement responsable et raisonnable, ont souhaite
que le projet francophone éclaire loin l'avenir.
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