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2e Conférence des OING - Genève, 18 & 19 novembre 1996


Allocution

Monsieur Michel Agnaïeff
Président de la Conférence

Notre réunion tire à sa fin. Un grand merci donc, tout d'abord aux organisateurs de l'Agence de la Francophonie (ACCT) qui ont su tenir compte des enseignements tirés de notre précédente conférence pour assurer une efficacité encore plus grande des travaux de la présente.

Un merci tout particulier aussi au personnel du secrétariat chargé de saisir et de reproduire les textes du rapport général et de ceux de nos ateliers. Compte tenu des délais très serrés, ce fut un véritable tour de force qui mérite d'être largement souligné.

Chères participantes,
Chers participants,

La capacité de la Francophonie institutionnelle de relever efficacement deux défis centraux, par ailleurs profondément imbriqués, comme nous allons le voir, va être déterminante dans toute évaluation du degré de ses réussites dans les années à venir.

Le premier de ces défis est celui de la mobilisation de toutes les énergies et de toutes les ressources disponibles pour s'attaquer résolument aux causes premières de l'insécurité humaine: la pauvreté. la dégradation de l'environnement les tensions inter-ethniques, l'injustice et l'iniquité. À cet égard, la Francophonie se doit de faire un saut qualitatif dans sa façon d'être et d'agir en devenant plus authentiquement et plus efficacement le lieu de concertation entre l'intergouvernemental et le non-gouvernemental en vue d'un effort de coopération Nord-Sud plus vigoureux en faveur du développement, de la démocratie et de la justice sociale.

Le second défi, qui s'inscrit pleinement dans la foulée du premier, est celui de la nécessité absolue et incontournable d'accentuer encore davantage l'ouverture du dispositif institutionnel de la Francophonie aux organisations de la société civile que sont les OING francophones et les ONG qu'elles représentent dans ce forum.

Aucune action internationale soucieuse d'atteindre le terrain et d'y laisser une empreinte bénéfique durable ne peut se concevoir aujourd'hui sans cette collaboration fructueuse entre les deux.

Cette mobilisation des esprits et des moyens, ce partenariat entre les institutions de la Francophonie et les ONG, cette recherche de la synergie dans un contexte, faut-il ajouter, marqué par la rareté des ressources financières, tout cela devrait s inscrire dans un effort de longue haleine dont la durée s'étalerait sur deux, sinon trois biennums.

Il s'agira essentiellement, dans un premier temps, non seulement, d'organiser, de systématiser et d'étendre les différentes formes de partenariat possibles entre les OING et l'Agence, mais aussi de travailler à son développement entre les OING ici présentes.

Il s'agira aussi de faire adéquatement et donc de prendre le temps d'asseoir ce partenariat sur des bases solides, claires et durables. Le partenariat entre les OING ne pourra être le fruit d'un quelconque phénomène de génération spontanée.

À ce propos, il faudrait particulièrement éviter le développement, tout à fait involontaire par ailleurs, d'une culture d'impuissance en fixant trop haut nos attentes quant aux résultats immédiats d'un forum comme le nôtre. Entre autres, il faudrait éviter de penser que des projets «clés en main» puissent jaillir à l'issue de deux journées de travail. Ces projets sont nécessairement complexes parce que fondés sur du partenariat entre plusieurs organisations. Ils ne peuvent donc s'improviser. La conférence peut et doit être cependant l'occasion de démarches préliminaires dans ce sens.

Il serait important donc de se donner des attentes réalistes pour chacune des différentes étapes de notre démarche commune.

Ainsi il nous faudrait respecter scrupuleusement le mandat du Comité de liaison. Son mandat est préalablement celui d'assurer la liaison et non pas la conduite d'opérations. Certains échanges dans les ateliers laisseraient deviner un début de confusion à ce sujet. Sa tâche est suffisamment écrasante pour ne pas l'alourdir davantage.

Il faudrait en conséquence. entre autres, que les activités d'animation des OING en vue de la concrétisation de différentes démarches de partenariat entre les OING et entre ces dernières et l'Agence relèvent clairement et pleinement du secrétariat. L'Agence se doit de jouer dans ce domaine le rôle à la fois de stratège, d'organisateur et de catalyseur.

Et enfin, pour pousser encore plus loin l'efficacité de nos travaux futurs, il serait souhaitable qu'une phase préparatoire impliquant directement les OING soit prévue avant notre prochaine conférence. Cette phase pourrait être, par exemple, I' occasion pour chaque OING de faire parvenir la liste de ses projets en voie de réalisation ou de planification accompagnée d'une énumération des «interfaces» possibles avec d'autres OING et ce, en fonction des vocations respectives.

Cela conclut mes propos où je me suis permis d'abuser un peu de mes prérogatives de président pour promouvoir des vues que je reconnais volontiers comme personnelles.

Cette conférence qui sur le point de se conclure marque une avancée substantielle par rapport à la première où, pour reprendre un peu les mots du renard dans « Le Petit Prince », « nous avions commencé seulement à nous apprivoiser. »

Je termine en vous remerciant toutes et tous. Votre souci collectif de bien faire a considérablement facilité ma tâche de président ainsi que celles de mes collègues qui m ont prêté main forte, tant au sein des deux bureaux qu'à la tête de nos trois ateliers.

Merci!

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