Allocution
Monsieur Michel
Agnaïeff
Président de la Conférence
Notre réunion tire à sa fin. Un grand merci donc,
tout d'abord aux organisateurs de l'Agence de la Francophonie
(ACCT) qui ont su tenir compte des enseignements tirés
de notre précédente conférence pour assurer
une efficacité encore plus grande des travaux de la présente.
Un merci tout particulier aussi au personnel du secrétariat
chargé de saisir et de reproduire les textes du rapport
général et de ceux de nos ateliers. Compte tenu
des délais très serrés, ce fut un véritable
tour de force qui mérite d'être largement souligné.
Chères participantes,
Chers participants,
La capacité de la Francophonie institutionnelle de relever
efficacement deux défis centraux, par ailleurs profondément
imbriqués, comme nous allons le voir, va être déterminante
dans toute évaluation du degré de ses réussites
dans les années à venir.
Le premier de ces défis est celui de la mobilisation de
toutes les énergies et de toutes les ressources disponibles
pour s'attaquer résolument aux causes premières
de l'insécurité humaine: la pauvreté. la
dégradation de l'environnement les tensions inter-ethniques,
l'injustice et l'iniquité. À cet égard, la
Francophonie se doit de faire un saut qualitatif dans sa façon
d'être et d'agir en devenant plus authentiquement et plus
efficacement le lieu de concertation entre l'intergouvernemental
et le non-gouvernemental en vue d'un effort de coopération
Nord-Sud plus vigoureux en faveur du développement, de
la démocratie et de la justice sociale.
Le second défi, qui s'inscrit pleinement dans la foulée
du premier, est celui de la nécessité absolue et
incontournable d'accentuer encore davantage l'ouverture du dispositif
institutionnel de la Francophonie aux organisations de la société
civile que sont les OING francophones et les ONG qu'elles représentent
dans ce forum.
Aucune action internationale soucieuse d'atteindre le terrain
et d'y laisser une empreinte bénéfique durable ne
peut se concevoir aujourd'hui sans cette collaboration fructueuse
entre les deux.
Cette mobilisation des esprits et des moyens, ce partenariat
entre les institutions de la Francophonie et les ONG, cette recherche
de la synergie dans un contexte, faut-il ajouter, marqué
par la rareté des ressources financières, tout cela
devrait s inscrire dans un effort de longue haleine dont la durée
s'étalerait sur deux, sinon trois biennums.
Il s'agira essentiellement, dans un premier temps, non seulement,
d'organiser, de systématiser et d'étendre les différentes
formes de partenariat possibles entre les OING et l'Agence, mais
aussi de travailler à son développement entre les
OING ici présentes.
Il s'agira aussi de faire adéquatement et donc de prendre
le temps d'asseoir ce partenariat sur des bases solides, claires
et durables. Le partenariat entre les OING ne pourra être
le fruit d'un quelconque phénomène de génération
spontanée.
À ce propos, il faudrait particulièrement éviter
le développement, tout à fait involontaire par ailleurs,
d'une culture d'impuissance en fixant trop haut nos attentes quant
aux résultats immédiats d'un forum comme le nôtre.
Entre autres, il faudrait éviter de penser que des projets
«clés en main» puissent jaillir à l'issue
de deux journées de travail. Ces projets sont nécessairement
complexes parce que fondés sur du partenariat entre plusieurs
organisations. Ils ne peuvent donc s'improviser. La conférence
peut et doit être cependant l'occasion de démarches
préliminaires dans ce sens.
Il serait important donc de se donner des attentes réalistes
pour chacune des différentes étapes de notre démarche
commune.
Ainsi il nous faudrait respecter scrupuleusement le mandat du
Comité de liaison. Son mandat est préalablement
celui d'assurer la liaison et non pas la conduite d'opérations.
Certains échanges dans les ateliers laisseraient deviner
un début de confusion à ce sujet. Sa tâche
est suffisamment écrasante pour ne pas l'alourdir davantage.
Il faudrait en conséquence. entre autres, que les activités
d'animation des OING en vue de la concrétisation de différentes
démarches de partenariat entre les OING et entre ces dernières
et l'Agence relèvent clairement et pleinement du secrétariat.
L'Agence se doit de jouer dans ce domaine le rôle à
la fois de stratège, d'organisateur et de catalyseur.
Et enfin, pour pousser encore plus loin l'efficacité de
nos travaux futurs, il serait souhaitable qu'une phase préparatoire
impliquant directement les OING soit prévue avant notre
prochaine conférence. Cette phase pourrait être,
par exemple, I' occasion pour chaque OING de faire parvenir la
liste de ses projets en voie de réalisation ou de planification
accompagnée d'une énumération des «interfaces»
possibles avec d'autres OING et ce, en fonction des vocations
respectives.
Cela conclut mes propos où je me suis permis d'abuser
un peu de mes prérogatives de président pour promouvoir
des vues que je reconnais volontiers comme personnelles.
Cette conférence qui sur le point de se conclure marque
une avancée substantielle par rapport à la première
où, pour reprendre un peu les mots du renard dans «
Le Petit Prince », « nous avions commencé seulement
à nous apprivoiser. »
Je termine en vous remerciant toutes et tous. Votre souci collectif
de bien faire a considérablement facilité ma tâche
de président ainsi que celles de mes collègues qui
m ont prêté main forte, tant au sein des deux bureaux
qu'à la tête de nos trois ateliers.
Merci!
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