3e Conférence des OING - Cotonou (Bénin) , 23-24 février 1999

 

Message d'ouverture

S.E. M. Boutros BOUTROS-GHALI
Secrétaire général
de l'Organisation internationale de la Francophonie


Monsieur le Président,
Excellences,
Mesdames et Messieurs les responsables
des organisations internationales non gouvernementales,
Mes chers Amis,


Au moment où s'ouvre cette 3e Conférence francophone des organisations internationales non gouvernementales, je tenais à vous dire toute l'importance que j'attache à vos travaux et le regret que j'ai de ne pouvoir être parmi vous, aujourd'hui, à Cotonou.

Permettez-moi, à ce propos, de remercier les autorités béninoises qui, par l'accueil qu'elles réservent à cette manifestation, témoignent une fois de plus de leur engagement actif et précieux au sein de la Francophonie.

Permettez-moi, aussi, de remercier tous les organisateurs de cette Conférence, tant du côté des OING que de l'Agence intergouvernementale de la Francophonie.

Si j'ai tenu à m'adresser à vous, aujourd'hui, c'est pour vous dire combien votre engagement, votre action sont essentiels à mes yeux.

Vous êtes, en quelque sorte, la clef de voûte de la Francophonie ! Vous incarnez, tout à la fois, son passé, sa mémoire, mais aussi son avenir.

Et la Francophonie sait ce qu'elle vous doit. Car si elle est devenue ce qu'elle est aujourd'hui -je veux dire une organisation internationale qui compte et qui entend compter de plus en plus- c'est aussi grâce à vous. Grâce à l'engagement, dès les années 60, de ces dizaines de milliers de femmes et d'hommes qui ont voulu croire en la Francophonie et qui se sont associés de par le monde pour créer la première des coopérations fondées sur l'usage d'une langue.

Quelle que soit leur nature, quelle que soit leur taille, toutes ces associations ont contribué, au fil des ans, à la mise en place d'un véritable réseau dont les ramifications ne cessent de s'étendre.

La Francophonie institutionnelle s'inscrit désormais au plus haut niveau, celui des Chefs d'Etat et de gouvernement. Il n'en demeure pas moins que le rôle des OING est plus que jamais essentiel dans notre Organisation.

Vous constituez, bien sûr, des relais privilégiés, entre les Instances politiques et les peuples francophones.

Qu'il s'agisse pour vous d'être informés des orientations et de la programmation arrêtées lors des Sommets pour que, tous ensemble, nous travaillions en synergie au service des objectifs de coopération et de solidarité. Qu'il s'agisse pour les Instances politiques d'être, à travers vous, à l'écoute des préoccupations et des attentes des populations, j'ai la conviction que la relation qui nous lie doit avant tout être celle d'un partenariat et d'un échange permanent et fructueux.

Mais vous êtes, surtout, le gage de la participation effective des citoyens. Vous êtes le gage du fonctionnement démocratique de notre Organisation.

Et c'est en cela que vous portez en vous, aussi, toute la modernité et toute l'originalité de la Francophonie.

J'ai eu l'occasion, à de nombreuses reprises, de dire toute l'importance que j'attache à l'impératif de démocratisation, non seulement à l'intérieur des Etats, mais aussi entre les Etats.

Nous sommes entrés aujourd'hui dans l'ère d'une société à la fois globale et transnationale. Et la mondialisation de l'économie doit aller de pair avec la mondialisation de la démocratie.

Il faut donc réfléchir à un monde qui prenne en compte, non seulement la volonté des sujets étatiques, mais aussi les aspirations des acteurs économiques, culturels et sociaux.

Vous avez, dans cette perspective, un rôle prépondérant à jouer car vous êtes des membres à part entière de la société civile internationale. Vous êtes, sans conteste, les nouveaux acteurs de la vie internationale !

C'est pour toutes ces raisons que je souhaite que se renforcent nos liens.

J'ai besoin de vous ! La Francophonie a besoin de vous ! Et je tiens à vous dire, une fois encore, que vous pouvez compter sur moi !

Je vous souhaite donc de fructueux débats. Et soyez assurés que je prendrai connaissance de vos travaux avec le plus vif intérêt.

Vive Cotonou !
Vive le Bénin !
Vive la Francophonie !

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