3e Conférence des OING - Cotonou (Bénin) , 23-24 février 1999

Rapport moral du Comité de liaison des OING

M. Abdallah STOUKY
Président du Comité de liaison


Mesdames, Messieurs,
Chers amis,


Puis-je vous dire ma joie de me retrouver face à vous tous, dizaines de représentants des Organisations internationales non gouvernementales de la Francophonie, réunis ici à Cotonou, capitale du Bénin, pour ce troisième rendez-vous de notre Conférence générale. Je sais aussi que je peux me permettre d'être le fidèle interprète de mes camarades du Comité de liaison pour exprimer un sentiment analogue et unanime.

Au moment de faire le point sur l'activité déployée par le petit groupe baptisé "Comité de liaison", que vous avez bien voulu désigner lors de notre deuxième conférence tenue il y a plus de vingt-six mois à Genève, je voudrais, un instant, vous rappeler avec émotion la grande et belle intervention introductive dont nous avait gratifié notre ami Jacques BUGNICOURT, de Enda Tiers-Monde, lorsque l'Agence de coopération culturelle et technique avait eu l'heureuse idée de nous convier à une concertation fondatrice, à Paris en 1994.

Il n'y a, me semble-t-il encore aujourd'hui, rien à changer dans cette claire philosophie du travail associatif, conçue à partir d'une longue expérience de la présence sur le terrain, balisée par les fortes passions que nourrit le sentiment de solidarité, d'altruisme et d'efficacité.

Le Conseil permanent de la Francophonie qui est, vous le savez, la tutelle aimable de notre toile associative francophone, avait assigné au Comité de liaison un certain nombre de missions non directives, mais plutôt incitatives. Il s'agissait de faire en sorte que puisse être renforcée la coopération avec les OING francophones, avec la présidence du C.P.F. ainsi qu'avec l'instance dirigeante de l'Agence de la Francophonie qui est aujourd'hui, principalement, l'Administrateur général. Il fallait aussi encourager, autant que faire se peut, les convergences entre les diverses OING francophones se réclamant, à la conception et à la réalisation des programmes institutionnels de coopération francophone. Le Comité de liaison était invité également à émettre toutes recommandations pertinentes pour le biennum suivant qui devraient être acheminées au Conseil.

Mais l'essentiel surtout était de susciter et de favoriser la réalisation de projets concrets entre les OING francophones et l'Agence de la Francophonie, ainsi qu'entre ces organisations elles-mêmes. L'aspect formel et représentatif n'était pas oublié puisque notre Comité avait pour rôle permanent d'être en quelque sorte l'organe à caractère collectif délégué à l'occasion des consultations institutionnelles, des manifestations agréées ou des réunions thématiques de la Francophonie.

Bien entendu, le Comité de liaison est habilité à proposer à l'Agence les thèmes d'actions d'intérêt commun et les modalités d'organisation de la Conférence des OING francophones (date et lieu, contenu, modalités d'élection du Comité de liaison, etc.).

Toutes ces missions clairement déterminées, ont été assumées dans une large mesure par le deuxième Comité qui a travaillé à un rythme soutenu poursuivant les efforts du premier, habilement présidé par Madame Aïssata KANE de l'Association internationale des femmes francophones. Celui ci avait permis de définir les modes de fonctionnement de notre Comité et d'en préciser les rôles.

Très heureusement, le Comité de ces deux dernières années a été caractérisé par la continuité et le renouvellement puisque des membres ont été réélus et que de nouvelles OING francophones ont pu enrichir les débats. Le Comité de liaison, dont le mandat arrive à son terme ici à Cotonou, et qui vous remet sa démission collective en cette assemblée générale, a tenu quatre réunions, dont trois à Paris (18-19 février 1997, 23-24 avril 1998 et 8-9 juillet 1998), et une à l'Ecole internationale de la Francophonie, à Bordeaux (18-19 septembre 1997).

Toutes les fois, la représentation de la Présidence du Conseil permanent de la Francophonie a été assurée, à chaque réunion, par l'aimable Madame Annick d'ALMEIDA-AGBOJAN, tandis que nous avons pu bénéficier du soutien, de l'encadrement et de l'appui de Madame Simy PALLOT et de Monsieur Tiburce GUEDEGBE, tous deux de l'Administration générale de l'Agence de la Francophonie. Nos deux amis ont montré, dans leur collaboration avec les membres du Comité, un sens élevé de la responsabilité et une maîtrise exceptionnelle dans leur action d'assistance à nos travaux. Qu'ils en soient sincèrement et chaleureusement remerciés. Pour leur leçon de discrète et souriante efficacité aussi.

Une mention spéciale est de rigueur en faveur de notre camarade Richard CHARRON, de l'Association francophone internationale des Directeurs d'établissements scolaires, dont les qualités d'assiduité et d'abnégation ont permis que la teneur de nos débats soit toujours consignée avec fidélité et promptitude en belle langue française. Merci mille fois à notre rapporteur préféré et, nous l'espérons pour nous tous, inamovible.

Les rapports des trois ateliers qui ont fonctionné à Genève et qui se sont décomposés selon les thèmes que l'on sait : Droits de l'Homme, de la Femme et de l'Enfant; Formation à distance et Autoroutes de l'information ; Production et Diffusion du livre.

Ils ont été les plates-formes de la réflexion des premières réunions de notre Comité. La discussion, à propos des possibilités de suivi à leur donner, a dégagé les lignes forces de l'action à entreprendre. Pour chaque projet proposé, on a tenté d'identifier un membre du Comité de liaison qui agirait comme incitateur dans sa réalisation. Une correspondance a, bien sûr, été adressée aux OING francophones identifiées comme incitateurs des différents projets proposés, pour faire le point sur les différentes actions.

C'est ainsi, qu'à l'unanimité de ses membres, le Comité de liaison a choisi, comme projet prioritaire, l'élaboration, la réalisation et la diffusion d'un livre visant à favoriser une éducation de base, en situation non formelle, chez une population déjà alphabétisée, sous forme d'une bande dessinée attractive. Les thèmes qui y sont abordés incluent l'éducation à l'environnement, à la citoyenneté, aux droits, à la lutte contre la pauvreté, etc.. L'équipe ad hoc chargée de mener à terme ce projet - F.I.P.F, Enda-Tiers-Monde, CIFAD - a assuré sans problème majeur et dans une transparence totale cette édition. Des exemplaires de l'ouvrage intitulé "FARAFINA EXPRESS", en vérité une belle cerise sur le gâteau dans cette édition troisième des rencontres des OING francophones, vous seront distribués tout-à-l'heure. Comme on le dit traditionnellement après livraison de ce genre de marchandises : "N'hésitez surtout pas à nous faire part, avec franchise, de vos observations, remarques et critiques".

Cette bande dessinée, si vous pouvez aujourd'hui la feuilleter ici à Cotonou, c'est qu'elle a pu bénéficier du soutien financier de l'Agence de la Francophonie ; et qu'après consultation d'échantillons du public visé, en utilisant les ressources disponibles au Sud en vue d'une large diffusion par les OING francophones auprès de jeunes non scolarisés. Elle a pu voir le jour, rappelons-le, grâce à la collaboration de la D.G.E.F pour le volet Édition.

"FARAFINA EXPRESS" est marqué par la volonté de faire les choses : conception et réalisation, totalement au Sud. C'est un témoignage concret de l'esprit qui anime la plupart de nos Organisations internationales non gouvernementales francophones de travailler à convaincre qu'il est tout à fait possible de se sortir de la pauvreté par des initiatives locales.

C'est uniquement ce volet où il est loisible de considérer que le rapporteur moral, qui est votre serviteur, pourrait faire une incursion dans le domaine du rapport financier. Mais le document diffusé par l'Agence sur les comptes de cette opération éditoriale suffit à éclairer tous ceux qui souhaiteraient en apprendre plus .

Par ailleurs, le Comité de liaison a pris connaissance de projets présentés à l'Agence par certaines OING francophones. Il a déclaré son soutien pour la majorité de ces propositions, sans toutefois s'immiscer dans le processus de sélection des projets, qui relève de chacune des Directions générales. Bien entendu, il a proposé, parce que c'est sa prérogative, le lieu, les dates, le thème et le contenu des ateliers pour la présente Conférence. Il a réfléchi à l'amélioration du processus d'élection, et proposé une activité de formation supplémentaire pour l'utilisation des inforoutes.

A la suite de leur visite à la Direction déléguée aux technologies de l'Information, les OING francophones ont affirmé l'urgence d'utiliser les nouvelles technologies pour faciliter l'information et la concertation mutuelles et avec les instances francophones. C'est dans ce contexte que Richard CHARRON a été mandaté pour organiser une journée consacrée à la formation à l'utilisation du courrier électronique et d'Internet pour l'ensemble des OING francophones accréditées, et à la création d'un réseau des OING francophones sur les inforoutes, incluant l'installation et l'animation d'un site Internet particulier pour les OING francophones qui a été agréée. Le succès indéniable de la journée de formation d'hier, ici à Cotonou, en marge et en prélude de la troisième conférence générale est un encouragement à continuer sur cette voie modernisatrice des comportements.

Les réunions, enfin, du Comité de liaison ont été l'occasion d'intensifier les liens des OING francophones avec la Francophonie institutionnelle. En plus, du message reçu de la part de Boutros BOUTROS-GHALI, Secrétaire général de la Francophonie, exaltant "le rôle précieux de relais que sont les actions des Organisations internationales non gouvernementales francophones", le Comité de liaison a été honoré de la visite de plusieurs dirigeants de l'Agence de la Francophonie.

C'est ainsi que Roger DEHAYBE, Administrateur général de l'Agence, accompagné de son Directeur de Cabinet, Saliou AKADIRI, a présenté au Comité de Liaison une approche plus régionalisée dans les activités de l'Agence. Il a proposé aux OING francophones d'être des partenaires dans cette régionalisation. A cette fin, il leur a soumis deux projets concrets : fournir la liste des responsables régionaux des OING francophones, afin de permettre aux directeurs des bureaux régionaux de l'Agence de solliciter leur collaboration ; effectuer, au niveau associatif, une lecture du "Plan d'action" adopté par le Sommet de Hanoi. Les OING francophones pouvant indiquer, pour chaque action proposée, lesquelles d'entre elles pourraient contribuer à sa réalisation.

Roger DEHAYBE a affirmé souhaiter profiter du tournant institutionnel actuel en Francophonie pour revoir les méthodologies d'intervention de l'Agence, afin de favoriser la sous-traitance et le partenariat, et de développer des ''relations au quotidien avec les OING". "Faire faire, au lieu de faire", aime-t-il à dire à toute occasion. Nous saisissons la perche tendue si fraternellement, avec l'ardeur des militants dont l'aire d'intervention est le terrain, toujours le terrain.

Habib BENESSAHRAOUI, alors membre du Cabinet du Secrétaire général, a réaffirmé au Comité l'importance que l'Agence a toujours accordée au travail en concertation avec les OING francophones dans la réalisation de ses programmes. Il a rappelé les projets importants qui connaîtront une nouvelle impulsion à la lumière du Plan d'action adopté par les ministres responsables des inforoutes lors de leur conférence organisée à Montréal.

André LADOUSSE, Directeur général des Politiques et de la Planification, a retracé l'historique de la DGPP, qui a reçu le mandat, difficile mais essentiel, de favoriser la cohérence entre les orientations et les actions des différentes composantes de l'Agence. La DGPP a mis en place des outils de planification annuelle, de suivi et d'évaluation des actions. Cette unité avait également la responsabilité du ''Fonds d'aide à la traduction et à l'interprétation'' dont peuvent se prévaloir les OING.

Gérard GAYET a présenté la Délégation générale à la Coopération juridique et judiciaire qui a été, dès ses origines, en relation étroite avec plusieurs OING francophones travaillant dans le domaine des Droits de l'Homme et de la Démocratie. Les actions de cette Délégation s'articulent autour des domaines suivants : le processus électoral, le soutien aux structures juridiques des Etats, l'appui à la Justice et aux Droits de l'Homme et l'assistance documentaire aux Etats. Par exemple, le programme intitulé "Un espace de liberté et de démocratie" a permis la réalisation de plus de soixante opérations pendant le dernier biennum.

L'attachante Line CORMIER, Directrice à la Direction déléguée aux technologies de l'Information et de la Communication, a présenté au Comité ''le Fonds francophone des inforoutes'' et lui a suggéré de soumettre un projet visant le financement d'un réseau d'échanges entre les OING francophones. En complément des informations transmises lors de la visite à Bordeaux, la Directrice de la DDTI a souligné deux réalisations de son entité : un manuel de formation, intitulé "Découvrir Internet", disponible sur CD ROM et sur le site de l'Agence, et un CD ROM qui décrit l'état des lieux de la Francophonie sur l'inforoute.

Denis LOPEZ, Directeur de la Direction de la formation à distance, a présenté les activités conjointes entre la Direction générale Education et Formation (DGEF) et les OING francophones pendant le biennum 1996-1997, qui peuvent se regrouper dans les secteurs de l'édition (scolaire, culturelle, publication de revues, etc.), du soutien aux concertations, congrès, colloques, etc. ainsi que des activités de formation.

C'est un vaste domaine concernant la planification, la concertation nationale ou régionale, le domaine formel (systèmes éducatifs), la formation continue des personnels, le domaine semi-formel (centre de formation semi-privés ou privés), ou le domaine informel (milieu de travail, ateliers, micro-entreprise), ainsi que le développement de l'emploi et de la richesse collective. Les OING francophones doivent conserver le rôle prépondérant qui est le leur dans tout ce secteur.

Denis LOPEZ nous a rappelé la décentralisation progressive des offres de formation de l'Agence, orientées progressivement vers une formation continue délocalisée et appuyée sur des réseaux. Le Directeur de la FAD nous décrit ensuite le projet VIFAX, visant à soutenir les enseignants de français - langue étrangère. Il a terminé sa présentation en nous invitant à visiter le site Internet du CIFFAD qui contient, entre autres, des bases de données sur la formation à distance et le matériel de formation à l'utilisation des nouvelles technologies.

Les participants ont reçu chacun un exemplaire du "Protocole d'entente d'hébergement" qui fixe les paramètres de cet accueil gratuit offert aux OING francophones sur le site de l'Agence. Les membres du Comité de liaison ont remercié l'Agence de cet estimable service.

A la suite de cette visite, les membres du Comité de liaison ont exprimé un important besoin de formation à l'utilisation des nouvelles technologies de l'information.

J'ai personnellement rappelé, bien évidemment, le message transmis au nom du Comité de liaison dans le cadre de la Conférence des Ministres francophones responsables des inforoutes, soulignant que les OING francophones ont déjà élaboré des contenus et des réseaux qui pourraient être mis à contribution dans l'augmentation de la présence francophone sur les inforoutes. Les OING francophones pourraient également constituer un public-cible de choix pour les activités de formation souhaitées par les ministres.

Taoufiq BOUDCHICHE a présenté, pour sa part, les différents programmes de la Direction générale du Développement et de la Solidarité. La stratégie de la Francophonie en matière économique est basée sur la solidarité, en particulier vers les pays les moins avancés. Consciente que plusieurs organisations internationales agissent déjà dans ce secteur, la Francophonie a choisi de s'occuper prioritairement des gens qui ont le moins accès au soutien financier : les micro-entreprises ou les petites entreprises locales. Les principales activités de cette direction s'articulent autour de trois thèmes : l'épargne locale, l'appui à l'entrepreneuriat et le partenariat d'entreprise. La DGED, ou ce qui en tient lieu dans le nouvel organigramme, prépare actuellement la Conférence des Ministres de l'Economie de Monaco, qui portera sur le thème "Investissement en Francophonie".

Jean TABI-MANGA, Directeur général de l'Education et de la Formation a accueilli avec chaleur le Comité à cette réunion tenue à Bordeaux et destinée à permettre au Comité de visiter la DGEF et la Direction déléguée aux technologies de l'Information et de la Communication.

Une visite du site Internet de l'Agence, animée avec compétence par Danielle BOUHAJEB, du ''Centre international francophone de documentation et d'information'' (CIFDI), a permis au Comité de constater le travail considérable réalisé afin de diffuser sur les inforoutes l'ensemble de la documentation par les instances francophones.

Soulignons que l'Agence de la Francophonie a bien reçu la demande du Comité de liaison que les OING puissent participer à ses activités régionales. Le principe général suivant a été posé et admis qui veut que les OING du pays hôte d'une rencontre pourront y être invitées.

J'ai été, en ma qualité du Président du Comité de liaison, invité à représenter les OING francophones aux sommets francophones. A celui de Hanoi, j'ai transmis aux Chefs d'Etat et de gouvernement un message du Comité, qui les invitait à se préoccuper des thèmes essentiels tels que la lutte contre la pauvreté, la violence, la corruption ; le mimétisme institutionnel et économique ; la faillite de certaines institutions démocratiques ; l'éducation de base, surtout des filles et des femmes ; l'enseignement technique et la formation professionnelle; la formation des personnels de l'éducation ; etc.

Le souci d'éviter un déficit d'information a fait suggérer par le Comité de liaison de fournir aux OING francophones nouvellement élues un dossier comprenant entre autres les documents institutionnels décrivant ses objectifs et ses règlements intérieurs ainsi que les rapports des dernières réunions.

Le Comité souhaite, également, la plus large diffusion possible des informations concernant les OING francophones sans exclusive ainsi que les réunions du Comité de liaison. Des propositions demandant que "la Lettre de Francophonie" puisse publier une synthèse des travaux après chaque réunion du Comité de liaison, des informations régulières concernant les collaborations réalisées entre l'Agence et les OING. Le Comité souhaite vivement la publication des documents officiels des OING francophones (rapport des réunions, liste des OING accréditées, statuts et règlements, etc.) sur le site Internet de l'Agence ou sur un site propre aux OING, ainsi que la publication d'un communiqué de presse bisannuel dans les journaux et dans les agences -(notamment par exemple, dans "La Gazette de la presse francophone", que fait paraître à un rythme régulier " l'Union internationale des journalistes et de la presse de langue française" que j'ai l'honneur de présider. L'information continue sur les OING francophones doit être diffusée sur les chaînes de télévision à travers les émissions "Espace Francophone" ou sur "TV5" dont nous regrettons l'absence à Cotonou.

Le premier Comité de Liaison élu en 1994, avait reçu le mandat prioritaire de se structurer comme d'organiser son travail et ses relations avec les instances francophones. Le second Comité a voulu manifester la convergence et la solidarité francophones en réalisant des projets concrets, et en intensifiant les relations entres les OING francophones et l'Agence de la Francophonie. Puisse le prochain Comité de liaison, élu dans le cadre de la présente conférence, intensifier les communications et les collaborations entre les OING francophones et avec l'Agence, grâce notamment à la mise en place d'un réseau des OING francophones sur les inforoutes.

Le bilan, un peu détaillé, que votre serviteur vient de vous présenter est naturellement à prendre pour ce qu'il est en réalité, à une exception près, une recension d'intentions et de promesses. Ce sera au troisième Comité de liaison, que vous élirez demain, à maintenir le cap, c'est-à-dire à continuer la voie tracée avec une aussi grande humilité et une aussi grande lucidité. Ce sera dorénavant, selon un style nouveau qui sera imposé par les changements structurels importants intervenus au sein de l'Agence intergouvernementale de la Francophonie,- notamment à cause de la nécessité de devoir s'adresser à l'interlocuteur unique qu'est la Direction du Développement social et de la Solidarité. Autant que par cette conception de l'intervention de proximité, dont ont parlé tantôt, et le Secrétaire général de ''l'Organisation internationale de la Francophonie", Boutros BOUTROS-GHALI dans son message et notre grand ami l'Administrateur général de "l'Agence de la Francophonie", Roger DEHAYBE.

Pour clore ce rapport, puis-je apporter un témoignage personnel concernant l'atmosphère générale des débats pendant les réunions du Comité de liaison. Je peux attester -et c'est un réel plaisir de l'affirmer- que presque jamais mes partenaires n'ont failli au devoir de réserve que leur impose l'esprit de leur mandat. La plupart d'entre nous ont répugné à se laisser aller à défendre leur organisation propre ou à essayer de la privilégier. C'est toujours le réflexe communautaire qui l'a emporté en définitive, considérant que nous n'étions là que pour défendre l'intérêt général bien compris de l'immense famille des OING francophones, de ceux qui veulent bien se mettre sous le signe fédérateur de la Francophonie.

Il faut néanmoins que nous songions à trouver le moyen de pouvoir contrôler si telle ou telle organisation, d'entre celles qui sont classées dans les catégories A et B, ne s'est pas portée aux abonnés absents pendant toute la durée du biennum pour ne resurgir qu'à l'occasion de la Conférence et de l'élection du Comité de liaison. Nous avons tous un devoir moral de vigilance qui impose un auto-contrôle des OING francophones.

Nous aurons à débattre au cours de ces deux journées autour du thème que nous avons fixé, qui est peut-être vaste, mais sans conteste riche de virtualités et d'utiles interrogations. " Se développer autrement", sans points ni d'exclamation ni d'interrogation, est une excellente formule pour amorcer les pistes utiles de notre action. Et peut-être à convaincre les gouvernants et autres décisionnaires qu'il est d'autres orientations possibles.

Pour en terminer vraiment avec ce rapport moral, sollicitant votre indulgence, je voudrais mettre en exergue le rôle à part si précieux que seules nos Organisations internationales non gouvernementales savent et peuvent jouer. Hors du territoire officiel, de la Francophonie institutionnelle, composé de cinquante-deux pays, nous sommes les seuls pratiquement à travailler pour elle partout dans le vaste monde. Atout non négligeable, vous le comprendrez aisément pour le rayonnement de notre mouvement francophone.

Réjouissons-nous des propos, tenus tout à l'heure par Madame la Ministre Marie Elise GBEDO, chargée du Commerce, de l'Artisanat et du Tourisme dans le Gouvernement béninois, qui a avancé des réflexions proches des idées que nous agitons.

Je nous souhaite bon succès pour nos travaux placés sous le bon augure de la générosité, de l'amitié, et de la solidarité humaines.

Merci à tous pour la patiente attention.

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