Directives
portant sur les relations entre les instances
de l’Organisation internationale de la Francophonie
(OIF)
et les organisations internationales
non gouvernementales (OING),
les organisations non gouvernementales (ONG)
et autres organisations de la société civile
(OSC)
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Document approuvé par la Conférence ministérielle
de la Francophonie
Ouagadougou, 24 novembre 2004
Préambule
Étant rappelé les Directives portant sur les
relations des instances de la Francophonie et les organisations
internationales non gouvernementales, adoptées par le
Conseil permanent de la Francophonie en sa IVe session (octobre
1992) ;
Étant souligné l’engagement des Chefs d’État
et de gouvernement dans la Déclaration de Beyrouth à
favoriser « l’émergence de nouveaux partenariats
entre initiatives publiques et privées, mobilisant tous
les acteurs œuvrant pour la reconnaissance, la protection
et le respect des droits de l’Homme » ;
Étant rappelé la Déclaration et le Programme
d’action de Bamako qui soulignent la nécessité
d’un « partenariat rénové pour renforcer
le mécanisme de concertation et de dialogue permanent
avec les organisations internationales non gouvernementales
(OING) reconnues par la Francophonie, particulièrement
avec celles qui poursuivent les mêmes objectifs dans les
domaines de la démocratie et des droits de l’Homme
» ;
Étant rappelé que le Plan d’action de Cotonou,
adopté lors de la IIIe Conférence ministérielle
sur la Culture en 2001, a prévu l’instauration
d’une concertation permanente élargie aux acteurs
culturels de la société civile et du secteur privé
;
Étant souligné les liens multiples entretenus
par l’Organisation internationale de la Francophonie avec
des composantes importantes de la société civile,
notamment :
- par l’intermédiaire de son opérateur
principal, l’Agence intergouvernementale de la Francophonie,
qui anime un mécanisme de suivi et de valorisation
des OING et des autres organisations de la société
civile et qui a établi un partenariat dynamique avec
ces organisations pour la mise en œuvre de sa programmation
;
- par l’intermédiaire de ses opérateurs
directs et reconnus par le Sommet, qui représentent
le monde universitaire à travers l’Agence universitaire
de la Francophonie (AUF) et l’Université Senghor
d’Alexandrie, les collectivités locales à
travers l’Association internationale des maires et responsables
des capitales et des métropoles partiellement ou entièrement
francophones (AIMF) et le secteur de l’audiovisuel et
de la communication à travers TV5 ;
Étant rappelé que l’Organisation internationale
de la Francophonie reconnaît un statut consultatif aux
parlementaires à travers l’Assemblée parlementaire
de la Francophonie ;
Étant rappelé l’article 18 de la Charte
de la Francophonie ;
Étant rappelé les objectifs de la Francophonie
(article 1 de la Charte) réaffirmés par le Sommet
de Beyrouth qui a adopté les domaines d’actions
prioritaires suivants :
- la paix, la démocratie et les droits de l’Homme
;
- la promotion de la langue française et de la diversité
culturelle ;
- l’éducation de base, la formation professionnelle
et technique, l’enseignement supérieur et la
recherche ;
- la coopération économique et sociale au service
de la solidarité et du développement durable
;
- Les présentes directives, qui remplacent les directives
de 1992, définissent les principes, conditions et modalités
selon lesquelles les instances de l’Organisation internationale
de la Francophonie peuvent, par l’intermédiaire
de l’Agence intergouvernementale de la Francophonie,
établir des relations avec les organisations internationales
non gouvernementales (ci-après OING) , les organisations
non gouvernementales (ci-après ONG) et autres organisations
de la société civile (ci-après OSC) exerçant
des activités dans les domaines prioritaires dégagés
par la Conférence des chefs d’État et
de gouvernement des pays ayant le français en partage
(ci-après le Sommet).
- Ces relations sont destinées, d’une part,
à permettre aux instances de l’Organisation internationale
de la Francophonie de disposer de la documentation, des conseils
et de la coopération technique des OING et des OSC
internationales, notamment celles du sud, en leur permettant
de faire connaître les points de vue de leurs membres,
et, d’autre part, à promouvoir les objectifs
de la Francophonie en assurant le plus large concours possible
de la part de ces organisations à l’élaboration
et à la réalisation de la programmation découlant
des orientations du Sommet.
- Ces relations ont pour but de permettre aux ONG et autres
OSC locales et nationales représentatives de l’espace
francophone, d’échanger des informations avec
l’Agence intergouvernementale de la Francophonie dans
les domaines d’intérêt mutuel.
Les conditions dans lesquelles les OING, les ONG et autres
OSC peuvent établir une relation avec les instances
de l’Organisation internationale de la Francophonie
sont définies par les dispositions ci-après
:
Conditions auxquelles doivent satisfaire
les OING, ONG et autres OSC
avec lesquelles les instances de l'Organisation internationale
de la Francophonie entretiennent les relations définies
par les présentes directives
A. Au sens des présentes directives, est considérée
comme organisation internationale non gouvernementale (OING)
toute organisation régulièrement créée
par un acte de droit privé interne qui exerce ses activités
sur le territoire d’au moins deux États ou gouvernements
membres de l’Organisation internationale de la Francophonie
soit directement soit indirectement par l’intermédiaire
d’un réseau, d’une fédération
ou confédération. Les OING sont un regroupement
volontaire de personnes physiques et/ou morales qui agissent
sans but lucratif.
B. Au sens des présentes directives, est considérée
comme organisation non gouvernementale (ONG) toute organisation
régulièrement créée par un acte
de droit privé interne sur le territoire d’un État
ou d’un gouvernement membre qui exerce ses activités
dans un seul État ou gouvernement membre ou une partie
du territoire d’un État ou gouvernement membre.
Les ONG sont un regroupement volontaire de personnes physiques
et/ou morales qui agissent sans but lucratif.
C. Au sens des présentes directives, une organisation
de la société civile (OSC) est une structure juridiquement
formalisée, indépendante de l’État,
qui agit pour défendre et promouvoir des intérêts
sociaux, économiques et culturels, dans l’intérêt
de ses membres et de la société. Une OSC agit
sur le plan local, régional, national et international.
Une OSC agissant au plan international doit faire partie d’un
réseau international clairement identifié.
D. Les OING, ONG et OSC doivent, en tant que de besoin, et
pour répondre aux dispositions précédentes
:
- exercer des activités dans les domaines prioritaires
dégagés par le Sommet, et avoir les moyens et
la volonté de contribuer efficacement à la réalisation
des objectifs de l’Organisation internationale de la
Francophonie ;
- réunir, dans le cas d’une organisation de
caractère local ou régional, au sens géographique
ou culturel de ce mot, une proportion importante de groupements
ou de personnes intéressés par une ou plusieurs
des activités de l’Organisation internationale
de la Francophonie et avoir des adhérents en assez
grand nombre pour pouvoir représenter valablement l’ensemble
de la région intéressée ;
- être dotée, dans le cas d’une OING ou
d’une OSC internationale, d’un organe directeur
permanent de structure internationale, avoir des représentants
dûment autorisés et disposer de méthodes
et de moyens lui permettant de communiquer régulièrement
avec ses membres dans les différents pays ;
- être dotée, dans le cas d’une ONG, d’un
organe directeur permanent ;
- être dotée, dans le cas d’une OSC locale,
régionale ou nationale d’un organe pertinent
permettant l’identification de l’organisation
et tenir des réunions périodiques, ou bien avoir
une assemblée générale ou une assemblée
villageoise et, de façon générale, avoir
des représentants dûment autorisés ;
- soutenir les actions de l’Organisation internationale
de la Francophonie et s’engager à promouvoir
les principes et les valeurs qui les sous-tendent ;
- présenter des garanties d’autonomie de gestion
et de transparence financière assurant une indépendance
effective, selon les critères propres à chaque
État ou gouvernement membre
TITRE II
Relations des instances de l'Organisation
internationale de la Francophonie
avec les OING, ONG et autres OSC
A. Du statut consultatif
- Les OING et OSC internationales remplissant les conditions
énumérées au Titre I, ayant une compétence
éprouvée dans l’un des domaines prioritaires
dégagés par le Sommet et ayant, d’une
manière régulière, apporté une
contribution majeure à l’action des instances
de l’Organisation internationale de la Francophonie
ou contribué à la mise en œuvre des objectifs
des domaines prioritaires de l’Agence intergouvernementale
de la Francophonie, peuvent, sur leur demande et sur recommandation
du Secrétaire général de la Francophonie,
se voir octroyer le statut consultatif par le Conseil permanent
de la Francophonie.
- Le statut consultatif ne peut être accordé
qu’après une période probatoire de deux
ans pendant laquelle un partenariat informel avec l’Agence
intergouvernementale de la Francophonie permettra de juger
de l’adéquation des activités du demandeur
avec les objectifs figurant au paragraphe précédent.
- La demande d’octroi du statut consultatif est adressée
au Secrétaire général de la Francophonie.
- Le Secrétaire général de la Francophonie
confie l’instruction de la demande à l’Administrateur
général de l’Agence intergouvernementale
de la Francophonie, en liaison avec les opérateurs
directs concernés, dans les domaines spécialisés.
- Le Secrétaire général saisit, pour
décision, le Conseil permanent de la Francophonie concernant
l’octroi de ce statut, en lui ayant communiqué
au préalable ses observations éventuelles.
- La demande d’octroi du statut consultatif est adressée
sur le formulaire prévu à cet effet, accompagnée
des pièces pertinentes.
- Les demandes d’octroi du statut consultatif qui n’auront
pas été acceptées par le Conseil permanent
de la Francophonie ne pourront être présentées
de nouveau qu’après un délai de deux ans.
- Les OING et OSC internationales peuvent faire état
de leur statut auprès de l’Organisation internationale
de la Francophonie en mentionnant celui-ci sur leurs documents
officiels mais ne peuvent en aucun cas utiliser les logos
dont l’Organisation internationale de la Francophonie
est seule détentrice.
B. De l’inscription sur le «Répertoire»
de l’Agence intergouvernementale de la Francophonie
- L’Agence intergouvernementale de la Francophonie tient,
sous la responsabilité de l’Administrateur général,
un répertoire régulièrement mis à
jour, des OING, ONG et autres OSC qui souhaitent échanger
des informations avec l’Agence intergouvernementale
de la Francophonie dans les domaines d’intérêt
mutuel, et qui, par ailleurs, remplissent les conditions énumérées
au Titre I, à condition que leurs actions soient conformes
aux idéaux et objectifs de l’Organisation internationale
de la Francophonie.
- Les demandes d’inscription sont adressées
à l’Administrateur général de l’Agence
intergouvernementale de la Francophonie qui informe l’organisation
concernée de sa décision.
TITRE III
OBLIGATIONS DES OING ET DES OSC INTERNATIONALES
BÉNÉFICIANT DU STATUT CONSULTATIF
Les OING et OSC internationales bénéficiant du
statut consultatif s’engagent à :
- Informer le Secrétaire général de
la Francophonie de leurs activités ayant trait aux
actions de l’Organisation internationale de la Francophonie,
à la programmation de l’Agence intergouvernementale
de la Francophonie et des opérateurs directs, ainsi
que du concours apporté par elles à la réalisation
de leurs objectifs ;
- Faire connaître à leurs membres les activités
de l’Organisation internationale de la Francophonie
ainsi que la programmation, les activités et les réalisations
de l’Agence intergouvernementale de la Francophonie
et des opérateurs directs ;
- Contribuer par leurs activités à la mise
en œuvre de la programmation de l’Agence intergouvernementale
de la Francophonie et des opérateurs directs ;
- Apporter, à la demande du Secrétaire général
de la Francophonie, et dans leur domaine de compétence,
leur concours aux enquêtes, études ou publications
de l’Agence intergouvernementale de la Francophonie
et des opérateurs directs ;
- Inviter l’Agence intergouvernementale de la Francophonie
et les opérateurs directs à se faire représenter
à leurs réunions dont l’ordre du jour
présente un intérêt pour leurs programmes
respectifs ;
- Présenter au Secrétaire général
des rapports, une fois tous les 4 ans, sur leurs activités
et sur le concours effectif qu’elles ont apporté
à l’action des instances de l’Organisation
internationale de la Francophonie. A cette occasion, l’examen
du rapport sera un motif déterminant de la reconduction
ou du retrait du statut consultatif et de la qualité
de membre de la Conférence des OING. Le non dépôt
du rapport sans motif valable peut entraîner le retrait
du statut consultatif et la perte automatique de la qualité
de membre de la Conférence des OING ;
- Après examen des rapports quadriennaux, le Secrétaire
général de la Francophonie présente au
Conseil permanent de la Francophonie ses propositions portant
sur la reconduction ou le retrait du statut consultatif et
de la qualité de membre de la Conférence des
OING. Il informe au préalable l’organisation
intéressée des raisons qui auront motivé
sa proposition et communique au Conseil permanent de la Francophonie
les observations éventuelles de l’organisation
concernée, avant qu’une décision définitive
soit prise par le Conseil permanent de la Francophonie.
TITRE IV
AVANTAGES RECONNUS AUX OING, ONG ET AUTRES
OSC
- Les OING et OSC internationales bénéficiant
du statut consultatif :
a. sont membres de la Conférence des OING de la Francophon
b. peuvent être consultées à l’occasion
des conférences ministérielles thématiques
de la Francophonie ;
c. peuvent être invitées aux réunions
organisées par l’Agence intergouvernementale
de la Francophonie et les opérateurs directs (symposiums,
séminaires, colloques et toute autre manifestation
relevant de leurs programmations…).
- Les OING, ONG et autres OSC inscrites sur le répertoire
de l’Agence intergouvernementale de la Francophonie
peuvent être invitées, le cas échéant,
aux réunions organisées par l’Agence
intergouvernementale de la Francophonie et les opérateurs
directs (symposiums, séminaires, colloques et toute
autre manifestation relevant de leurs programmations).
- À titre exceptionnel, le Secrétaire général
de la Francophonie peut inviter une OING ou une OSC internationale
ne bénéficiant pas du statut consultatif,
à des manifestations spécifiques (colloque,
séminaire, symposium, conférence ministérielle
thématique et autre manifestation relative aux activités
découlant des orientations du Sommet).
TITRE V
CONFERENCE DES OING
- Sur convocation du Secrétaire général
de la Francophonie, qui en confie la préparation
à l’Administrateur général de
l’Agence intergouvernementale, une Conférence
réunit tous les deux ans les OING et OSC internationales
bénéficiant du statut consultatif.
Cette Conférence est destinée à :
a. informer les OING et OSC internationales sur les orientations
du Sommet et de la programmation qui en découle,
b. identifier les organisations susceptibles d’apporter
une contribution concrète et efficace à la
mise en œuvre des activités de la Francophonie
c. mener des consultations en vue d’obtenir des avis
et suggestions concernant les grandes lignes de la programmatio
d . favoriser la coopération entre les organisations
ayant des intérêts communs.
- La Conférence se réunit en sections thématiques.
Les avis préparés par les sections thématiques
sont approuvés en séance plénière.
- La Conférence élit un Comité de suivi,
composé d’un maximum de cinq représentants,
reflétant la diversité de l’espace francophone
et les domaines prioritaires dégagés par le
Sommet. Le Comité de suivi assure la mise en œuvre
des recommandations de la Conférence dans l’intervalle
de ses réunions.
- La Conférence établit son règlement
intérieur ainsi que celui du Comité de suivi.
Ces règlements doivent être approuvés
par le Secrétaire général de la Francophonie
après information du Conseil permanent de la Francophonie.
- Le président du Comité de suivi, ou son
représentant membre du Comité de suivi, peut
être invité par le Secrétaire général
de la Francophonie à participer aux réunions
du Conseil permanent de la Francophonie en qualité
d’observateur, en fonction des points d’intérêts
communs inscrits à l’ordre du jour. Le président
du Comité de suivi, ou son représentant membre
du Comité de suivi, peut présenter une contribution
écrite à la demande du Secrétaire général
de la Francophonie et, le cas échéant, être
invité à la commenter, conformément
au règlement intérieur du Conseil permanent
de la Francophonie.
TITRE VI
CONDITIONS ET MODALITÉS DE RETRAIT DU STATUT CONSULTATIF
Le Secrétaire général peut proposer au
Conseil permanent de la Francophonie le retrait du statut
consultatif d’une OING ou d’une OSC internationale
qui ne respecterait pas les engagements prévus par
les Titre I et Titre III des présentes Directives.
En cas de manquement grave d’une OING ou d’une
OSC internationale, constaté par un État ou
un gouvernement membre ou par un opérateur, aux principes
de la Francophonie, tels qu’ils figurent notamment dans
la Charte et dans les Déclarations du Sommet, ou aux
obligations résultant des Directives, le Secrétaire
général de la Francophonie peut retirer provisoirement
à l’organisation concernée les avantages
reconnus par les Titre IV et Titre V des Directives, après
information du Comité de suivi. Dans ce cas, le Secrétaire
général saisit le Conseil permanent de la Francophonie
dans les meilleurs délais pour que celui-ci, à
l’occasion de sa première réunion, statue
définitivement sur le retrait ou le maintien du statut.
Avant toute décision, le Conseil permanent de la Francophonie
invite, si nécessaire, l’organisation visée
par la procédure de retrait à lui fournir toutes
explications écrites ou orales propres à éclairer
la décision.
TITRE VII
DISPOSITION TRANSITOIRE
Par dérogation aux dispositions du Titre II point A-2
relatives au statut consultatif, avant la 5e Conférence
des OING, le bénéfice du statut consultatif peut
être accordé dans les conditions prévues
au Titre II par le Conseil permanent de la Francophonie, sur
proposition du Secrétaire général de la
Francophonie, à toute OING ou OSC internationale qui
en ferait la demande, sans que le délai de deux ans de
période probatoire soit observé.
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